Si moins de cadres déclarent avoir été augmentés entre juin 2024 et juin 2025, à l’issue de deux années de forte inflation, les salaires continuent néanmoins d’augmenter.
Le Baromètre 2025 de la rémunération des cadres* publié par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) montre qu’elle progresse pour atteindre, en moyenne, en juin 2025, 55 000 € par an, soit une hausse de 1,8 % par rapport à juin 2024. « 80 % des cadres perçoivent une rémunération comprise entre 38 000 et 95 000 euros. La partie fixe de la rémunération progresse et atteint en médiane 52 000 euros en 2025 », précise l’Apec.
Seuls 53 % des cadres ont vu leur salaire augmenter au cours de l’année, soit une baisse de 7 points par rapport à l’année précédente. La proportion est encore plus faible (51 %, soit deux points de moins) pour les femmes. Les incertitudes du contexte économique ont conduit les entreprises à adapter leur politique salariale, ne permettant pas aux cadres de rattraper la perte de pouvoir d’achat provoquée par les périodes de forte inflation de 2022 et 2023.

En Auvergne-Rhône-Alpes
En Auvergne-Rhône-Alpes, les cadres tirent mieux leur épingle du jeu : ils sont 55 % à avoir été augmentés, et affichent un niveau de rémunération médiane de 53 000 €. Selon le Baromètre, 80 % d’entre eux gagnent entre 38 000 et 87 000 € par an. Les fonctions les mieux rémunérées (la médiane est à 69 000 €) sont celles de direction générale et adjointes à cette direction, devant la production industrielle et la maintenance. En queue de peloton, se trouvent les fonctions liées aux ressources humaines, à la formation, la santé, le social et la communication.
Concernant les secteurs, la chimie ainsi que les équipements électriques et électroniques figurent parmi les plus rémunérateurs, à l’inverse du conseil et de la gestion des entreprises, de l’ingénierie, de la recherche et développement.

Évoluer pour gagner plus
Les augmentations salariales sont généralement liées à la mobilité professionnelle. En changeant de poste au sein de la même entreprise, 82 % des cadres de moins de 30 ans en ont bénéficié. À l’inverse, rester au même poste limite les perspectives : l’augmentation est moins marquée et les rémunérations restent les plus basses dans toutes les tranches d’âge.
L’Apec note que la mobilité externe, c’est-à-dire le changement d’entreprise, constitue une alternative intéressante pour l’évolution salariale. Le constat est particulièrement vrai pour les cadres en début de carrière. Il est moins flagrant après 50 ans, avec seulement 41 % des cadres de cette tranche d’âge ayant été augmentés dans ces conditions, soit 36 points de moins que leurs homologues trentenaires !
* Sur la base d’une enquête quantitative réalisée auprès de 600 entreprises du secteur privé, en juin 2025, et d’une enquête qualitative effectuée par l’Ifop, en avril, auprès des professionnels du recrutement.

Bientôt des salaires transparents
L’affichage des salaires dans les offres d’emploi publiées par toutes les entreprises sera obligatoire à partir de juin 2026. Cette mesure découle de la directive européenne 2023/970 qui impose également de justifier les écarts de rémunération à poste équivalent pour les sociétés de plus de 100 salariés, et de communiquer les salaires pour un travail de même valeur, à la demande des salariés.
Entre 2019 et 2025, la part d’offres d’emploi mentionnant un salaire ou une fourchette de salaire est passée de 47 à 65 %. Contrairement aux organisations associatives et à l’administration publique (76 %), les secteurs industriels et technologiques restent en retrait, avec seulement 33 % de transparence dans les rémunérations.
Auvergne-Rhône-Alpes est plutôt bien placée, avec un taux d’affichage de 67 % (Provence-Alpes-Côte d’Azur est en tête, à 71 %, tandis que la Bourgogne-Franche-Comté plafonne à 57 %).
Pour aller plus loin : https://corporate.apec.fr/files/live/sites/corporate/files/Nos%20etudes/PDF/Barometre%202025%20remuneration%20cadres.pdf

Sophie Boutrelle
Crédit photo : insta_photos – stock.adobe.com








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