Parmi les plus “riches” de France, si l’on s’en tient aux revenus et salaires que leurs habitants perçoivent, les deux départements savoyards n’en abritent pas moins des situations très diverses selon la commune de résidence.

La région Auvergne-Rhône- Alpes affiche un niveau de vie médian parmi les plus élevés de France métropolitaine, le taux de pauvreté monétaire étant inférieur de deux points au niveau national, comme le souligne l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). « Le territoire présente toutefois des inégalités de revenus. Les niveaux de vie les plus élevés se trouvent dans les grands pôles urbains, qui hébergent aussi la majorité de la population la plus pauvre», note ainsi l’organisme. Par ailleurs, la moitié de la population d’Auvergne-Rhône-Alpes a un revenu annuel supérieur à 20600 euros, ce qui place la région au troisième rang derrière l’Ile-de-France et l’Alsace. À titre de comparaison, le niveau de vie médian sur l’ensemble de la France métropolitaine est de 19 800 euros.

Savoie et Haute-Savoie, dans ce contexte, ne font pas mauvaise figure. Bien au contraire! Les départements poursuivent même leur marche en avant, année après année. Ainsi, la Haute-Savoie, 4e département le plus riche de France en 2015 avec un montant de 33669 euros de revenus moyens déclarés par foyer à l’administration fiscale, est passée à 34682 euros en 2016. La moyenne, pour l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes étant de 27075 euros. Autre donnée : 49,9% foyers y sont imposés, contre 44,9% pour la région.

Même situation en Savoie, à un niveau moindre toutefois : 17e département le plus riche au niveau national en 2015, avec 26 595 euros de montant moyen de revenus déclarés par foyer fiscal, le département est passé à une moyenne de 27097 euros, 48,6% des foyers y étant imposés.

7,3 MdCHF : C’est la somme totale des revenus salariaux en 2016 des actifs étrangers travaillant dans le canton de Genève et étant domiciliés en France, soit 64% des revenus imposés à la source dans le canton. Si l’on ajoute les Suisses habitant en France, la somme atteint les 8,4 milliards de francs.
Source : Ocstat

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Mais au fait, qui touche quoi ? « La composition du revenu disponible reflète les caractéristiques démographiques et économiques de la région», souligne l’Insee. Ainsi, en écho à un taux d’activité en Auvergne-Rhône- Alpes plus élevé qu’en France métropolitaine, 70% du revenu disponible est composé de salaires, traitements ou indemnités de chômage, soit deux points de plus qu’en métropole.

À l’inverse, en lien avec la jeunesse relative de la population régionale, les pensions, retraites et rentes représentent seulement un quart du revenu disponible des ménages, proportion inférieure à celle de la plupart des régions. Les revenus du patrimoine comptent quant à eux pour 12% du revenu disponible. Si la région Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par un niveau de vie globalement élevé, et notamment en Pays de Savoie, elle affiche néanmoins des disparités de revenus.

Ainsi, l’indicateur de dispersion du revenu disponible, qui quantifie les inégalités entre le cinquième de la population le plus riche et le cinquième le plus pauvre, s’élève à 4,4 : si ce rapport est comparable à celui observé en France métropolitaine, la région est la cinquième la plus inégalitaire au regard de ce critère. Les revenus des habitants les plus riches expliquent ces écarts, en particulier à cause des hauts salaires. Le revenu annuel disponible des 10% les plus riches est supérieur à 38800 euros, plaçant la région au troisième rang derrière l’Ile-de-France et l’Alsace.

Du sud ou du nord

Également notable, la comparaison des revenus sur le territoire met en évidence une opposition manifeste entre le nord et le sud de la région. Ainsi, le nord présente un niveau de précarité généralement modéré et des conditions de revenus favorables. Le département de la Haute-Savoie en est le principal exemple : le niveau de vie médian, qui s’élève à près de 23700 euros, y est le plus élevé parmi les départements français hors Ile-de-France. Conjointement, moins de 10% de ses habitants sont pauvres. La proximité de la métropole genevoise, qui génère d’importants flux de travailleurs transfrontaliers, explique en partie ces conditions de revenus favorables.

Autre constat : les revenus les plus élevés se trouvent dans les plus grands pôles urbains. C’est particulièrement vrai dans les deux plus grandes aires urbaines (Lyon et Grenoble), mais aussi dans les villes de l’espace frontalier lémanique (Annemasse, Thonon-les-Bains) ainsi qu’à Annecy. La Savoie suit aussi cette règle. Pour autant, si le niveau de vie dans les grandes agglomérations est généralement élevé, celles-ci abritent aussi une population pauvre. Annemasse présente par exemple un taux de pauvreté particulièrement haut (11,5%) au regard de son revenu médian, proche de 30000 euros. Enfin, parmi les grands pôles urbains, c’est à Annecy que la part de population pauvre est la plus faible (moins de 8%).

10,4 M€: C’est le montant du dégrèvement lié à la suppression de la taxe d’habitation à l’horizon 2020 pour la ville de Chambéry. C’est la commune la plus touchée du département. Si actuellement 16,5%de ses ménages sont exonérés de cette taxe, la proportion passera à 80,9% d’ici 2020.
Source : Commission des finances du Sénat


Par Cyril Bellivier