Sports d’hiver : des vacances de Noël en chute libre

par | 8 Jan 2021

La Covid-19 a plongé les stations de ski dans le marasme. Noël et le nouvel an 2021 resteront gravés dans les annales. Rendez-vous désormais le 20 janvier pour savoir si les remontées mécaniques pourraient rouvrir début février…

Privées de leurs remontées mécaniques et de leurs bars-restaurants, les stations de sports d’hiver françaises ont vu leur fréquentation chuter vertigineusement durant les vacances de Noël. La faute à la pandémie de Covid-19 (et au gouvernement, diront certains) qui dicte ses règles. Selon l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), le taux moyen d’occupation s’est établi à 25 % sur la période, et a même chuté à 19 % dans les stations d’altitude, soit -70 % par rapport à l’hiver 2019-2020. À l’échelle de Savoie Mont-Blanc, les chiffres indiquent 19 % de fréquentation à Noël, en retrait de 59 points, et 29 % la semaine du Nouvel An, -63 points (source : Observatoire Savoie Mont-Blanc/Big data G2A).

Une catastrophe économique pour les stations, et plus largement pour tout l’écosystème de la montagne. Toujours d’après les maires, le manque à gagner s’élèverait à 1,5 milliard d’euros sur un chiffre d’affaires annuel estimé à 10 milliards ces dernières années.

« L’ABSENCE DES TOURISTES ÉTRANGERS A SONNÉ LE GLAS DES STATIONS GRANDS DOMAINES. »

Les stations-villages limitent la casse

Sans remontées mécaniques ni ski alpin, les stations ont dû redoubler d’efforts et s’organiser. Sans surprise, celles situées en moyenne altitude ont limité les dégâts, avec une fréquentation moyenne en baisse de 60 % à 35 %, grâce à une offre d’activités variées. Aux Saisies, le remplissage a atteint 35 % à Noël et 57 % au jour de l’an. La station familiale a même bénéficié de reports de clients qui avaient réservé dans les stations d’altitude et capté une nouvelle clientèle venue redécouvrir la montagne autrement.

« Nous nous en sommes très bien sortis au regard de la situation inédite », estime son directeur Olivier Reydellet, qui n’a pas lésiné sur la communication pour attirer les vacanciers. Même constat aux Carroz, qui affiche 33 % à Noël et 49 % la semaine du Nouvel An (-40 points). « Les propriétaires et les clients habituels ont, pour beaucoup, répondu présent », souligne, satisfait, Philippe Poëttoz, le directeur l’office de tourisme. Toutefois, seuls 80 saisonniers ont pu travailler sur les 450 embauchés cet hiver (800 habituellement).

Les stations d’altitude étaient désertes pour les fêtes de fin d’année.

Un peu partout, les vacanciers et les locaux ont pu profiter pleinement des nombreuses activités proposées : ski nordique, raquettes à neige, ski de randonnée, chiens de traîneaux, fatbike, luge, ski-joëring… Le ski de fond a, lui, fait un carton. Exemple dans les Alpes du Léman, où le chiffre d’affaires des sites nordiques a bondi de 325 %, à l’instar du foyer des Mouilles, à Bellevaux.

Les grands domaines pénalisés

À l’inverse, les stations grands domaines ont souffert. L’absence des touristes étrangers a sonné le glas. Ainsi, Val Thorens n’excède pas 10 % de fréquentation. Soit 2 000 touristes contre 25 000 d’ordinaire. La station la plus haute d’Europe a dû faire une croix sur les groupes d’étrangers qui avaient réservé, sur fond de fermeture des hôtels et des résidences de tourisme (des gros porteurs). Idem aux Arcs. À La Plagne et dans la vallée de Chamonix, le remplissage atteint 20 %, pas plus.

La Compagnie du Mont- Blanc, qui n’a pas pu rouvrir l’Aiguille du Midi, le Montenvers et le Tramway du Mont-Blanc, affiche « zéro de chiffre d’affaires depuis début novembre, mais on continue de payer les factures », réagit son PDG Mathieu Dechavanne. Seul l’hébergement locatif s’est bien comporté… « ce qui a permis de nourrir une certaine économie de la montagne, mais, en l’absence du ski alpin, la situation demeure dramatique », conclut Nicolas Durochat, le directeur de l’office de tourisme de Chamonix Mont-Blanc, qui réclame, comme tous les acteurs de la montagne, de la visibilité.

Les grands perdants

Conséquence prévisible de la non-ouverture des domaines skiables : les écoles du ski français (ESF) ont enregistré un chiffre d’affaires quasi nul, en chute de 92 % à Noël- Nouvel An. Idem pour les magasins de sport en montagne. L’Union sport & cycle fait état d’une perte nette de chiffre d’affaires de 90 %.


Par Patricia Rey.

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