Technogenia accélère sa transformation

par | 4 Août 2022

À Saint-Jorioz, Technogenia, le spécialiste des revêtements anti-usure pour l’industrie, revoit son tour de table pour assurer son développement et sa transition écologique.

Technogenia, groupe familial haut-savoyard (holding Technosup) créé en 1979 par Guy Maybon, a annoncé fin juillet avoir réorganisé sa capitalisation, l’ouvrant à un nouveau pacte d’actionnaires que sont le Fonds souverain Auvergne-Rhône-Alpes et Bpifrance, qui réinvestit. Ils viennent en remplacement des investisseurs sortants (Société Générale, Siparex, Rhône-Alpes PME et Rhône Dauphine Développement). La famille fondatrice reste largement majoritaire mais le montant du financement et la répartition n’ont pas été dévoilés. Il a seulement été indiqué qu’« il s’agit d’un changement dans la continuité, dans les mêmes proportions que précédemment. »

Entre innovation et RSE

Grâce à cette opération, Technogenia – un des leaders mondiaux sur le marché des produits et revêtements anticorrosion et anti-usure à base de carbure de tungstène (fritté ou fondu) – continue à innover et à se diversifier.

Dans l’usine de Saint-Jorioz, cette turbine Giromixer a été rechargée en carbure de tungstène au chalumeau.

« Une innovation de rupture, encore en phase de test, sera commercialisée prochainement », se réjouit Valérie Maybon, la directrice générale, qui investit en moyenne 2 à 5 % du chiffre d’affaires dans la R & D. Impossible d’en savoir davantage, « tant les brevets de l’entreprise ont été copiés ».

Au-delà, le groupe, qui compte encore parmi ses gros clients d’importants foreurs pétroliers, cherche à pénétrer d’autres secteurs d’activité, de forage notamment, même si ses applications (sidérurgie, chimie fine, fonderie, pétrole/gaz, industrie céramique, BTP, agriculture, agroalimentaire…) sont quasi illimitées.

« Pour autant, nous devons tendre vers une vraie équation, à savoir investir dans des applications en codéveloppement avec nos clients, qui soient pertinentes et en volumes suffisants pour en garantir la rentabilité », explique la dirigeante, en quête de pièces mécaniques où l’usure et la répétabilité sont réelles.

Elle ajoute : « Assurer le recouvrement de pièces complexes, on sait faire. Encore faut-il que cela en vaille la peine pour pouvoir le déployer à plus grande échelle. »

Par ailleurs, l’entreprise prévoit de renforcer son développement à l’international. En plus de ses cinq centres de services aux États-Unis (deux), au Royaume-Uni, au Moyen-Orient et en France (à Rumilly, sur le site de sa filiale Carbure du Chéran), elle en a ouvert un sixième à Dammam, en Arabie saoudite, en septembre 2021, et compte bien en créer d’autres, dans les pays nordiques et en Inde. Ces filiales achètent les consommables fabriqués dans l’usine du groupe à Saint-Jorioz (sous forme de cordon ou de poudre) et les mettent en œuvre.

Technogenia cible aussi l’Europe, quand les conditions seront plus favorables. « À l’heure actuelle, dit Valérie Maybon, c’est très compliqué en raison des taxes antidumping, trop contraignantes et très élevées (33 % sur les achats de matières premières). »

Enfin, dernier enjeu, et il est de taille : la RSE. Technogenia veut, en effet, accélérer sa transition écologique. « Si notre business model consiste à prolonger la durée de vie des matériels et composants grâce à des dépôts laser ou mixtes ultraperformants – et cela depuis les années 1980 –, les matières premières que nous utilisons sont très émettrices de gaz à effet de serre. Par conséquent, cette durée de vie doit être calculée au plus juste, en optimisant le dépôt et en réduisant son épaisseur pour obtenir le meilleur rendement possible, à la fois en termes économiques et écologiques. À un certain stade d’usure, on peut aussi se poser la question de réparer ou pas », pointe Valérie Maybon, qui incite ses clients à lui faire des retours fiables pour, in fine, permettre à Technogenia de limiter son empreinte carbone. Durablement.


Patricia Rey

Photo Une site Technogenia à Saint-Jorioz – ©Technogenia


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