La capitale de l’alpinisme a lancé la révision de son plan local d’urbanisme. Plus ambitieux et radical que les précédents, il veut favoriser l’habitat permanent. À grand renfort de mesures.
À Chamonix, destination très touristique au pied du mont Blanc, le parc immobilier est composé à près de 70 % de résidences secondaires. Soit 10 000 biens immobiliers sur les 15 000 recensés dans la commune. Alors, pour conserver les grands équilibres, les élus ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de travailler sur un nouveau plan local d’urbanisme (PLU) en phase avec les enjeux actuels.
« Il est l’affirmation d’un projet politique qui entend clairement prôner l’habitat permanent », pointe le maire, Éric Fournier.
Plus de logements pour les locaux
Trois grands axes sont définis, visant à préserver les grands équilibres : développer un urbanisme équilibré et garantir l’accès au logement pour tous ; préserver le patrimoine naturel et culturel et accélérer les transitions ; et, enfin, poursuivre les efforts pour une économie diversifiée et durable. Autant d’objectifs qui se traduiront par des mesures concrètes, voire drastiques pour certaines.
Concernant l’habitat à l’année, volet capital de ce projet de territoire, Chamonix veut aller plus loin que les efforts qui ont été consentis, en produisant davantage de logements, notamment en accession sociale. Pour ce faire, la commune va réserver vingt emplacements qu’elle a identifiés, appartenant à des comités d’entreprise (SNCF, RATP…) et centres de vacances, pour y construire des logements sociaux. Et le maire de préciser : « Les propriétaires, s’ils veulent les vendre, devront nous les proposer en priorité. »
Par ailleurs, et sur seize secteurs, le PLU imposera aux propriétaires de quinze terrains privés et communaux de plus de 2 500 m2 une part de mixité sociale de 30 à 50 % de logements sociaux ou en accession à la propriété (BRS…) dans leur éventuel projet de construction.
« La vente comme la revente seront encadrées, avec des clauses antispéculatives si l’acquéreur a bénéficié d’aides », assure l’édile, qui recourt aux servitudes de mixité sociale.
Enfin, la création de nouvelles orientations d’aménagement et de programmation (OAP) sectorielles, qui obligeront l’opérateur à intégrer jusqu’à 50 % de mixité, permettra d’encadrer la construction de douze opérations (190 logements) dans différents secteurs. In fine, ce sont donc 850 logements permanents qui pourront être produits, dont 650 à caractère social, dans les douze ans à venir.

Un moratoire sur l’hôtellerie
Par ailleurs, les capacités touristiques actuelles étant suffisamment développées, la collectivité met un frein. En clair, elle va interdire la construction de nouveaux hôtels et résidences de tourisme sur sa commune. Seuls les établissements existants pourront demander une extension.
Celle-ci ne pourra pas excéder 40 % de leur surface existante, et seulement si cela s’avère nécessaire. Et si agrandissement il y a (égal ou supérieur à 300 m2 de surface de plancher), les opérateurs devront allouer a minima 25 % de cette surface aux logements pour le personnel. Avec le futur PLU, le changement de destination de ces biens ne sera pas possible.
Dans le même temps, les collectivités doivent intégrer l’objectif Zan (zéro artificialisation nette) de la loi Climat et résilience. « Il va falloir réduire la capacité des terrains constructibles à 12 hectares, soit 0,07 % de la surface urbanisée de la commune », assure le maire. De la sorte, de nouveaux terrains seront dédiés à l’agriculture.
La mise en œuvre de ce PLU s’annonce ardue.
« C’est un sacré challenge que de réussir à concilier tous ces objectifs. L’exercice va être compliqué et ne satisfera pas tout le monde. Mais les Chamoniards doivent pouvoir habiter à Chamonix », plaide Éric Fournier.
Lors des réunions publiques les 19 et 20 août, certains propriétaires de résidences secondaires ne semblaient pourtant pas de cet avis. L’enquête publique est prévue au printemps prochain.
D’autres outils pour favoriser l’habitat permanent
Ces mesures du futur PLU viendront s’ajouter à d’autres mises en place par la commune, comme la limitation du changement d’usage des biens votée en juillet, la régulation des meublés touristiques dans la vallée (un seul bien autorisé par personne physique à Chamonix) ainsi que la surtaxe sur les résidences secondaires réhaussée à 50 % (2,5 M€ de recettes récoltées en 2024) pour favoriser les acquisitions foncières de la commune en faveur de l’habitat permanent.
Patricia Rey
Photo d’ouverture : Chamonix (© mairie de Chamonix-Mont-Blanc)









Bonjour,
Puis je savoir quand se termine la révision du PLU de Chamonix et quand sera t il appliqué?
Merci de votre réponse
Danièle