Née en 2024, la boutique en ligne s’impose comme une référence dans l’univers des instruments traditionnels, en France comme à l’export.
Cordiola et né d’un mélange de rencontres, d’opportunités et d’un profond sens du service. Mais c’est aussi une histoire de passion, de transmission et de savoir-faire ancré dans le patrimoine musical. Emmanuel Vrignaud-Bourgeois, son fondateur, vient du milieu des musiques traditionnelles vendéennes. Chanteur, poly instrumentiste et membre fondateur du groupe Arbadétorne, il a sillonné la France, l’Europe et le Québec avant de passer quinze ans au Puy du Fou, dont douze comme musicien et responsable du spectacle de musiques traditionnelles.
Après cette longue période sur scène, il entame une seconde carrière comme éducateur spécialisé, successivement à l’IME Georges Loiseau de Villereversure, au CHRS d’Orange, au Ditep (Dispositif institut thérapeutique éducatif et pédagogique) des Alaniers de Brou puis en Itep en Bretagne. « Je n’ai jamais choisi mon travail, on est toujours venu me chercher, raconte-t-il. De chanteur à éducateur, on transpose ce que l’on est dans les métiers. Mais tout cela commençait à me peser et je suis un homme de défi. »
Le virage s’opère en 2023, lors d’une visite chez des amis, Pascal et Marie Cranga, à Cluny. Si Pascal est maître luthier, le couple qui vendait cordes et bagageries pour vielles à roue a cessé son activité. « J’ai eu le déclic et j’ai décidé de reprendre le flambeau en créant ma propre entreprise. » Cordiola naît le 14 février 2024, avec Pascal et Marie comme parrain et marraine.
La musique traditionnelle, Emmanuel Vrignaud-Bourgeois l’a dans le sang. « Mes parents se sont rencontrés dans un groupe folklorique vendéen. Avec mon frère et ma sœur, nous sommes nés dedans. On m’a appris la cornemuse et le violon au fil des groupes. Et j’ai toujours adoré la poésie populaire, les textes sont magnifiques. » Cordiola est la synthèse de ses compétences : musicales, artisanales, humaines.
Faire vivre le patrimoine
Avec son slogan, « À vous de jouer », Cordiola s’impose comme une entreprise ultra-spécialisée sur un marché de niche. Elle réalise déjà 120 000 € de chiffre d’affaires, dont 40 % à l’international : Koweït City, Australie, Japon, Lituanie, etc. « En deux ans, c’est au-delà de mes objectifs. Cordiola a une belle réputation à l’international. » Le choix du nom n’est pas anodin. Il sonne, résonne, évoque quelque chose de solaire. « Il y a un côté militant : défendre la musique traditionnelle, transmettre, assurer la filiation. »
Cordiola se positionne comme un acteur pivot entre musiciens, luthiers et fabricants. Le site, clair et pédagogique, propose plus de 110 références de cordes en partenariat avec Savarez (Caluire-et-Cuire), ainsi que de la bagagerie et des accessoires pour instruments traditionnels. D’abord centrée sur la vielle à roue, longtemps parent pauvre du marché, l’offre s’élargit désormais à la cornemuse, dont il existe une trentaine de types. Emmanuel Vrignaud-Bourgeois développe sa propre gamme de bagageries Cordiola pour ces deux instruments.
Le site est disponible en français et en anglais. Il reste présent sur les grands festivals, notamment Le Son Continu au château d’Ars (Indre) et la fête de la Vielle à Anost (Saône-et-Loire). L’entreprise repose sur une politique commerciale structurée, mais aussi sur une dimension profondément humaine.
« Parfois, je me sens seul, mais c’est aussi la force d’un marché de niche. Avec mon histoire, je peux orienter n’importe quel client dans la musique traditionnelle. » Soutenu par son compagnon Romain, l’entrepreneur voit plus loin : faire perdurer Cordiola, développer la bagagerie, s’ouvrir à d’autres instruments et continuer à relier tradition et modernité. Cordiola, c’est un peu le carrefour des musiques traditionnelles et Emmanuel Vrignaud-Bourgeois, la bonne personne au bon endroit.
Carole Muet








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