Ce lundi 21 juillet, le ministère de l’Agriculture a annoncé de nouvelles modalités visant à renforcer les indemnisations des éleveurs confrontés à la dermatose nodulaire contagieuse.
Depuis la réunion de crise organisée le 16 juillet, le ministère de l’Agriculture a pris le taureau par les cornes pour limiter la transmission de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). D’autant qu’entre le 29 juin, date du début de l’épidémie en Savoie, au 20 juillet, 33 foyers ont été identifiés en Savoie et en Haute-Savoie. La Haute-Savoie, où la maladie se propage, recense dorénavant 15 foyers sur les communes de Massingy, Marigny-Saint-Marcel, Faverges/Seythenex, Rumilly et Saint-Ferréol.
Pour éradiquer cette maladie (non transmissible à l’homme), et de concert avec les experts sanitaires et scientifiques, plusieurs mesures ont été adoptées. À commencer par l’abattage complet du troupeau lorsqu’un animal est positif, le virus pouvant ne pas être détecté aux tests. Une mesure, au demeurant très contestée par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, que le tribunal administratif de Grenoble a validé, le 19 juillet, donnant de fait raison à la préfecture de la Savoie. La protection renforcée est également maintenue dans les zones concernées.
Vaccination obligatoire
Autre mesure importante : l’obligation de vacciner les bovins, dans un rayon de 50 km autour des foyers confirmés. Des doses en provenance d’Afrique du Sud ont été réceptionnées la semaine dernière, avec l’objectif de vacciner près de 285 000 bovins en Savoie et en Haute-Savoie mais aussi dans l’Isère et l’Ain. La vaccination a débuté le 19 juillet, à partir d’un périmètre situé à 20 kilomètres autour des foyers (zone de protection).
Selon le ministère, « ce vaccin unidose assure la protection complète de l’animal 21 jours après l’injection et son administration sera totalement prise en charge financièrement par l’État ».
Renfort des indemnisations face à l’urgence
Dans l’arrêté pris le 16 juillet, l’État avait également déclaré qu’il indemniserait les éleveurs, ayant dû abattre leurs bovins en raison de la DNC, sans pour autant en préciser les contours. Voilà qui est chose faite. Ce 21 juillet, Annie Genevard s’est engagée à ce que l’expertise destinée à évaluer le montant de l’indemnisation soit réalisée « dans les meilleurs délais », indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.
Deux mesures exceptionnelles viennent d’être prises « pour faire face à l’urgence, et afin de reconstituer rapidement la trésorerie des éleveurs impactés et d’accompagner au maximum la recapitalisation du cheptel dans cette zone d’excellence ». Tout d’abord, le délai de versement des premiers montants d’indemnisation est raccourci, avec l’octroi d’une avance de trésorerie dans les jours suivant l’abattage.
« Chaque animal euthanasié fera ainsi l’objet d’une avance forfaitaire (en fonction de sa catégorie), qui sera versée sans attendre les conclusions de l’expertise », détaille la ministre.
Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture a décidé un allongement de la période d’improductivité de l’exploitation considérée dans le dispositif d’indemnisation. Désormais, l’interdiction de remise en place des animaux est prise en compte :
« Actuellement de trois mois maximum pour les élevages laitiers, et de 12 mois maximum pour les élevages allaitants, elle est désormais augmentée de la durée d’interdiction de remise en place des animaux ».
Cette seconde mesure « constitue dès à présent la règle en cas d’abattage des animaux sur ordre de l’administration », pointe le ministère. Cette règle s’applique pour l’ensemble des maladies bovines, ovines et caprines.
Un accompagnement psychologique dédié est également mis en place pour soutenir les éleveurs en détresse.

Patricia Rey








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