Édito | Les enjeux du scrutin… allemand

par | 19 Fév 2025

Les Allemands se rendent aux urnes, ce dimanche 23 février. Un scrutin fédéral a priori mal engagé pour le chancelier sortant, Olaf Scholz (Parti Social-Démocrate, SPD), les conservateurs de la CDU étant donnés favoris et l’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) bien partie pour obtenir les meilleurs résultats de son histoire avec 22 % d’intentions de vote.

Mais les enjeux vont bien au-delà de la détermination du camp majoritaire. Un article du Monde Diplomatique de février rappelle que la précédente coalition, qui associait au SPD, les Verts (Die Grünen) et les libéraux (FDP), « a éclaté sur l’élaboration du budget 2025 » et que « la question du financement des livraisons d’armes à l’Ukraine a joué un rôle important ».

« À l’exception de Die Linke et de l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), tous les partis s’accordent sur la nécessité d’un réarmement sans précédent dans l’histoire de la République fédérale. Mais ils divergent sur le mode de financement […,] réduction drastique des dépenses sociales [… ou recours] à l’endettement », indique le mensuel, dans ce papier consacré aux écologistes « moteurs du militarisme allemand ».

J’évoquais la semaine dernière ce « monde où tout est inversé ». On apprend ainsi qu’autrefois pacifistes, les Grünen – avec lesquels la CDU pourrait avoir à composer – comptent aujourd’hui parmi les partis les plus bellicistes. Comme si la guerre et son cortège de destructions pouvaient avoir quoi que ce soit d’écologique !

« Depuis février 2022, […] les Verts ont combattu toute solution diplomatique, alors même que les chefs d’état-major américains et ukrainiens constataient l’impasse militaire, note l’article. Cette stratégie visant à détacher l’Union européenne de la Russie se paie au prix du déclin industriel de l’Allemagne. D’éventuels tarifs douaniers imposés par l’administration de M. Donald Trump ne manqueraient pas de l’exacerber, tout comme le découplage croissant de l’Allemagne par rapport à la Chine. »

L’économie allemande, locomotive européenne jusqu’à une époque encore très récente, est en effet mal en point. « “La situation est très grave : la croissance de l’industrie, en particulier, a subi une rupture structurelle”, s’alarme le nouveau président de la Fédération de l’industrie allemande (BDI), Peter Leibinger, qui s’attend à une troisième année de récession pour le pays en 2025 », cite un article du Figaro.

Et le quotidien de rappeler : « La faute en revient principalement à la hausse des coûts énergétiques. Ils affectent, plus encore que leurs concurrents européens, les grandes industries énergivores du pays, en particulier la sidérurgie. Celles-ci se voient répercuter sur leur redevance les coûts d’investissement massifs consentis dans les réseaux électriques allemands, dans un contexte de transition énergétique à marche forcée. »

Si certains sont tentés de se réjouir, on s’abstiendra ici de toute schadenfreude, cette joie que l’on peut ressentir face au malheur des autres. Rappelons que l’Allemagne était, encore récemment, l’un des premiers clients de l’Ain à l’international. Guerre en Ukraine, politique énergétique, industrie… Beaucoup de choses se jouent ce week-end , chez nos voisins.


Sébastien Jacquart
Photo à la une : Olga Ernst – Own work, CC BY-SA 4.0, Link


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