L’association annécienne iDÉE, qui accompagne les entreprises d’Aura dans la transition écologique, crée un véritable écosystème pour accélérer la décarbonation et affiche de fortes ambitions nationales.
S’il est un entrepreneur visionnaire et investi, c’est bien Rémi Forsans. Après avoir fondé, entre autres, Outdoor Sports Valley (OSV), il a créé, il y a trois ans, l’association iDÉE (Innovation et développement pour une économie environnementale) avec 17 chefs d’entreprise. L’association, dont l’objectif est de concilier l’économie et l’écologie, totalise, à fin 2024, 148 membres, de la startup à l’entreprise cotée en Bourse (Somfy, Maped, Ubisoft, Salomon, Nicomatic, Crédit agricole des Savoie, Rezolog, BP Aura…).
La transition, une formidable opportunité

Le 25 mars, lors de son assemblée générale, Rémi Forsans (en photo) a été élu président à l’unanimité, succédant à Denis Maugain (ex-directeur RSE de Somfy), qui devient vice-président en charge des relations institutionnelles et partenaires, aux côtés de ses homologues Jean-Baptiste Nicola (Rézolog), au cadre opérationnel et RH, et Yann Beauvinon (Ubisoft), au marketing et à la communication.
Le conseil d’administration, porté à 24 membres (bénévoles) dont sept nouveaux entrants, est complété par un conseil opérationnel scientifique où siègent la Fondation Université Savoie Mont-Blanc et quatre experts.
En parallèle, la structure multiplie les partenariats stratégiques, comme ceux avec Asters, sur la biodiversité, et avec le réseau GREEn, dans la vallée de l’Arve, pour cofinancer une plateforme de diagnostic environnemental accessible gratuitement aux membres de l’association.
« Autre alliance majeure : celle avec le C3D, le Collège des directeurs du développement durable, qui rassemble les plus grosses entreprises de France et dont Idée est devenue l’antenne régionale », se félicite Rémi Forsans .
S’y ajoutent des liens avec des organismes de formation (Lucie, Sator, Axa Climate…) et des coopérations étroites avec Bpifrance, l’Ademe et, plus récemment, Munich Re, réassureur mondial qui fournit aux adhérents des données sur dix-huit impacts climatiques liés à la situation géographique des entreprises, de leurs clients et fournisseurs pour les cinquante prochaines années, afin d’anticiper les risques et préserver leurs actifs.
Créer un écosystème à part entière
Le nouveau mandat qui débute est l’occasion de faire évoluer la feuille de route initiale. Consciente de la nécessité d’accélérer, dans un pays « à la traîne », iDÉE annonce la constitution d’un fonds de dotation “Élimination du carbone”, « pour capter des fonds dans le but de financer des opérations de décarbonation dans les domaines de la photosynthèse, de l’agriculture (exemple, la filière du chanvre) et de la technologie », détaille le président. Mais pas seulement.
Bien qu’affranchie des pouvoirs publics, puisque l’association (100 000 € de budget en 2024) vit des cotisations de ses adhérents, elle a initié le lancement, fin 2024, d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), Elodica, qui a pour mission de mettre en place une filière nationale d’élimination du carbone. « Cette entité a été créée à part, pour séparer les risques », précise le président d’iDÉE. Soutenue, pour l’heure, par le fonds de dotation QCF (Quadrature Climate Foundation) à hauteur de 300 000 €, elle recherche d’autres financements pour développer l’entrepreneuriat dans la décarbonation, faire connaître ses actions et accélérer la R & D.
« Notre objectif ultime est de créer un écosystème qui permettra d’atteindre la sobriété carbone et de réduire massivement les émissions de CO2 », conclut le président d’iDÉE.
Si, aujourd’hui, l’association œuvre à l’échelle du territoire auralpin, elle entend essaimer et développer une licence afin que d’autres groupements d’entreprises s’inspirent de sa démarche et s’emparent de ses outils pour avancer. La fameuse “politique des petits pas” chère à Rémi Forsans, pour, à terme, avancer à grandes enjambées.
Patricia Rey
Photo Une – AG 2025 de l’association iDÉE à la salle des Eaux et Forêts à Annecy – crédit : Jean-Marc Favre – Wooloomooloo








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