Pdg de Pfeiffer Vacuum France depuis cet été, Guillaume Kreziak s’est longuement confié à Eco Savoie Mont Blanc. En complément de l’entretien paru dans Eco du 10 septembre 2021 version magazine, retrouvez ci-dessous ses confidences sur son parcours, sur sa vision de l’international, sur le rôle sociétal de l’entreprise ou encore… sur sa lecture de l’avenir dans une boule de cristal !
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Quel a été votre parcours avant la présidence de Pfeiffer Vacuum France ?
Je suis né à Voiron, un peu par hasard. Je n’y ai jamais vécu et j’ai passé mes premières années à… Annecy, déjà. A Proméry, précisément (ndlr : hameau de Pringy, faisant aujourd’hui partie de la commune nouvelle d’Annecy). J’en ai le souvenir de vastes champs parsemés d’arbres : aujourd’hui, cela a bien changé ! J’ai ensuite pas mal bougé, dans le sillage de mon père qui, après un début de carrière dans l’armée a occupé des fonctions de direction commerciale et de direction générale dans diverses entreprises.
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Puis vous avez suivi… la même formation que votre prédécesseur, Eric Taberlet !
Effectivement. J’ai passé mon Bac à Grenoble puis, comme Eric Taberlet quelques années avant moi (ndlr : ils ont fait connaissance il y a seulement quelques années), j’ai intégré l’INPG-Ense3, l’une des écoles de Grenoble INP, l’institut polytechnique. Avec à la clef, un diplôme d’ingénieur en mécanique des fluides et sciences de l’informatique appliquée.
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Et au niveau professionnel ?
J’ai commencé ma carrière dans le groupe Pechiney. D’abord aux Etats-Unis, à la R&D, sur des pièces aluminium pour l’automobile. Puis en France et en Afrique du Sud, à des postes de direction d’usine et de direction industrielle. J’ai ensuite été recruté par The Linde group qui, à l’époque, entamait sa mutation, passant d’une structure encore très familiale et bavaroise dans sa culture à un leader international sur ses marchés (ndlr : gaz industriels et médicaux et ingénierie gazière ; 24 Md€ de chiffre d’affaires 2020 avec 74 000 salariés).
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Vous y êtes resté une quinzaine d’années…
Oui. J’ai accompagné cette mutation et cette internationalisation du groupe comme directeur technique France puis comme directeur des opérations pour la zone sud Europe (ndlr : Benelux, France, Espagne, Portugal, Algérie, Tunisie). J’ai énormément appris dans ces fonctions, ayant été appelé à piloter des fusions, des transformations d’organisation, des créations de laboratoires, la mise en place de SAP (ndlr : progiciel de gestion intégré)… J’ai aussi pu compléter ma formation à la Saïd business school, l’école de commerce de l’Université d’Oxford.
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Comment êtes-vous arrivés dans le groupe Pfeiffer Vacuum ?
J’ai fait la connaissance d’Eric Taberlet il y a quelques années et c’est lui qui m’a proposé de rejoindre le groupe. Je suis arrivé en septembre 2017, au poste de vice-président de Pfeiffer Vacuum France, en charge de la R&D et des produits.
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Puis vous êtes rapidement (re)partis aux États-Unis…
Oui, comme président de la filiale américaine (Pfeiffer Vacuum Inc. ; siège : Nashua, près de Boston). De 2019 à juin de cette année cela a été une expérience très enrichissante, dans un contexte économique et culturel très différent de la France. J’ai notamment été marqué par l’esprit Let’s do it !, « allons-y, faisons-le ! », qui traduit l’envie d’avancer quitte, parfois, à ne pas réussir du premier coup.
Je suis revenu en juin dernier, pour prendre la présidence et la direction générale de Pfeiffer Vacuum France, suite aux départs d’Éric Taberlet et de Pascal Durand (ex-directeur général).
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C’est votre deuxième groupe allemand : vous êtes germanophone ?
Toujours pas, non ! Mais pour tout ce qui touche à l’international nous utilisons l’anglais. En arrivant chez Pfeiffer Vacuum j’ai été surpris : j’arrivais dans un groupe beaucoup plus petit en taille (ndlr : 619 M€ de CA ; 3 300 salariés) et pourtant beaucoup plus international dans son fonctionnement et sa culture. Par culture internationale, j’entends la capacité à travailler dans le monde entier avec des clients qui eux même travaillent dans le monde entier.
Cela implique à la fois un niveau d’excellence et une capacité d’ouverture et d’adaptation. Et à ce niveau-là, le site d’Annecy est vraiment fantastique : de superbes produits, un énorme savoir-faire mais toujours cette ouverture d’esprit et la passion de l’innovation. C’est rare et ça rend mon travail ici d’autant plus passionnant.
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Haut-Savoyard « pur jus », Eric Taberlet insistait beaucoup sur l’ancrage territorial et la responsabilité sociétale de l’entreprise. Vous y êtes aussi sensible ?
Bien sûr ! Je ne suis pas Haut-savoyard, même si j’ai passé les premières années de ma vie à Annecy. Toutefois, hormis mon passage aux Etats-Unis (2019-2021), j’habite en Savoie depuis plus d’une vingtaine d’années (ndlr : par choix familial, alors qu’il a longtemps travaillé dans l’agglomération lyonnaise) et mon épouse travaille à l’Université Savoie Mont Blanc (USMB).
Au-delà de cet ancrage personnel je suis moi aussi convaincu que l’entreprise a un rôle à jouer au sein de son territoire. Nous incitons nos salariés à le faire (ndlr : à l’image des dons de RTT aux soignants l’an dernier). Et comme dirigeant de Pfeiffer Vacuum France, je suis vice-président de la fondation de l’USMB et je siège au conseil d’administration du pôle Mont Blanc Industrie. Je vois cela comme une relation réciproque forte et je compte bien poursuive mon investissement.
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Comment cela ?
Nous avons certes des choses à apporter. Mais nous en avons également beaucoup à apprendre, au sein d’un territoire aussi riche et dynamique. Je suis un adepte de l’apprentissage en continu. Il faut toujours être à l’écoute, ouvert aux autres et à leur vision des choses.
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Sur votre bureau, il y a une boule de cristal, c’est pour voir à l’avance les changements qui se profilent ?
Presque ! Quand j’étais à la tête de la filiale américaine, je répétais souvent à mes équipes qu’il fallait être ouvert et réceptif au changement et que dans l’environnement en constant changement les prédictions sont très difficiles et réaliser et on peut parfois douter de leur efficacité. L’agilité, l’écoute, la réactivité sont autant d’armes efficaces pour être gagnant. Et j’ajoutais quasi systématiquement, en guise de boutade, « même si je n’ai pas encore trouvé la bonne boule de cristal pour vous dire ce que vont être ces changements ». Lors de mon départ, ils m’ont pris au mot et m’ont offert cette boule. J’aime l’objet et son histoire… mais n’arrive toujours pas à lire l’avenir dedans !
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