Trois ans après sa création au Bourget-du-Lac, Heliup, dont le siège reste en Savoie, installe une première unité de production de panneaux photovoltaïques de 4 000 m2 en Isère, inaugurée le 26 juin dernier.
La société savoyarde Heliup, bébé éprouvette du Centre de l’énergie atomique (CEA) au Bourget-du-Lac, détentrice d’une technologie brevetée de panneaux photovoltaïques ultralégers (60 % moins lourds que des panneaux classiques), a inauguré sa première ligne de production industrielle le 26 juin dernier.
Un marché gigantesque
C’est en Isère, au Cheylas, dans la zone industrielle SLS Actiparc, que Yannick Veschetti, dirigeant fondateur d’Heliup, a installé ses machines en janvier dernier pour répondre aux attentes de son marché : les bâtiments dotés d’une faible capacité de portage.
Le tertiaire, l’industrie, l’agriculture et les collectivités rassemblent des milliers de mètres carrés de toitures en attente d’une solution d’énergie verte, soit plus de 700 millions de mètres carrés de grandes toitures en France selon l’Ines (Institut national de l’énergie solaire).
« L’initiative portée par Heliup répond à des enjeux de réindustrialisation, de développement durable et d’innovation française, la nôtre étant développée en Savoie : c’est une belle histoire », se réjouit Yannick Veschetti.
Sa première usine compte pas moins de 4 000 m² de surface, soit le double du projet initial. Sa capacité de production se monte à 500 000 m² de panneaux photovoltaïques par an, soit 100 MWc.
« Nous avons obtenu une aide européenne de 3 M€. Ce financement destiné à améliorer notre compétitivité nous a permis de concevoir une usine mieux équipée et d’envisager une industrialisation plus aboutie, avec un outil très automatisé, véritable levier de baisse des coûts de production », explique l’entrepreneur.

Six millions d’euros d’investissement
Cette installation représente un investissement de 6 M€, dans des murs locatifs. Née en 2022, la startup avait levé 10 M€ pour son lancement. Quatre investisseurs majeurs ont répondu à l’appel : Starquest Capital (fonds d’investissement à impact), BNP Développement, InoEnergie et le groupe Idec (société de construction). À horizon 2027-2028, Yannick Veschetti mise sur un chiffre d’affaires de 30 à 40 M€. Heliup compte déjà 40 salariés, dont une vingtaine dans l’unité de production en Isère.
« Le siège d’Heliup reste en Savoie, où se trouvent nos équipes de back-office et notre ligne pilote dont dépendent nos travaux de R & D. La distance entre les deux sites n’est pas assez significative pour que nous ressentions l’urgence ou le besoin de les réunir. Nous sommes très heureux d’être en Savoie et en Isère », défend le dirigeant, qui prévoit une augmentation régulière des effectifs jusqu’à la centaine d’employés en 2028.
Une levée de fonds de 10 M€ en 2025
Pour atteindre ces objectifs, une deuxième levée de fonds est en cours jusqu’à la fin de l’année, à hauteur de 10 M€, visant à renforcer le développement commercial sur les marchés français et européen et l’industrialisation. « Nous voulons nous donner les moyens de nos ambitions. Nous évoluons dans un contexte politique et économique perturbé. Les défis ne manquent pas. Ils nous imposent de rester humbles et d’avancer étape par étape, car nous n’avons aucune emprise sur eux », relève prudemment Yannick Veschetti.
Depuis sa création, Heliup s’est vite hissée au niveau de la concurrence. Labellisée Iso 9001 et 14001, la société s’est structurée en quatre grandes directions : commerciale, financière et ressources humaines, technique et industrielle. Son modèle économique repose sur un réseau de distributeurs et d’installateurs.
Yannick Veschetti salue cette nouvelle étape avec philosophie : « Pour l’instant, les choses se passent plutôt bien, mais nous sommes lucides face à l’ampleur de la tâche à accomplir pour poursuivre cette dynamique. »









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