Selon la conférence économique organisée jeudi 5 février par le bureau chambérien de la Banque de France, les marqueurs de l’écosystème savoyard virent au vert mais le ressenti reste frileux.
L’établissement savoyard de la Banque de France, dirigé par Maurice Oms, organisait sa rentrée économique ce jeudi 5 février, dans un amphithéâtre de l’Université Savoie Mont Blanc, à Chambéry. Les données macroéconomiques pour la France et l’Europe, mais aussi la restitution d’une enquête régionale menée auprès de 4 350 entreprises, ont soufflé à l’assistance, venue nombreuse, quelques signes d’une éclaircie amorcée.
En Savoie, la Banque de France, à travers sa mission de cotation des sociétés ayant atteint 1,25 M€ de chiffre d’affaires, se montre sereine. « Nous avons des entreprises dont la situation est qualifiée d’excellente à très satisfaisante pour l’essentiel de nos observations », constate Maurice Oms. « Seules 4 % des structures de cette catégorie sont menacées. Nous pouvons donc retenir que 96 % d’entre elles ne le sont pas », positive le directeur.
1 800 nouvelles entreprises
Il a été rappelé, en outre, que 462 sociétés ont fermé leurs portes, en Savoie, en 2025, sur les 60 000 du territoire. « Cela reste un taux de l’ordre de 0,7 %, tempère le président du tribunal de commerce de Chambéry, Pierre Sirodot, nous revenons tout doucement à la situation d’avant covid. » Dans le même temps, 5 500 entreprises ont été créées : « Pour 2025, entre les radiations et les immatriculations, le solde net des créations est de 1 800 », ajuste Pierre Sirodot.
« En économie, l’élément clé, c’est la confiance, soutient Maurice Oms, or, nous avons perdu un certain nombre de repères et de visibilité, surtout depuis le deuxième semestre 2024, ce qui a provoqué un mouvement d’attentisme assez généralisé, notamment dans les choix d’investissement. »
Et pourtant, les taux d’emprunt sont favorables aux entreprises en France, estime Jean Chevassut, vice-président de la fédération bancaire des Savoie : « Le coût du crédit aux PME, en France, est inférieur à la moyenne de la zone euro, soit autour de 3,39 % sur l’année 2025, là où l’Allemagne est à 3,94 % et l’Italie à 4,02 %. »
Si les banques françaises « sont solides », « leur priorité se tourne vers le financement de la transition énergétique et l’accompagnement des entreprises vers la décarbonation ». Ce manque d’appétence pour l’investissement n’est pas décorrélé du contexte global, comme le martèle Marc Beggiora, président de la CCI Savoie : « Les 3 500 milliards d’euros de dette nationale, dont la courbe, malheureusement, ne va pas dans le bon sens, et les 130 milliards d’euros de déficit, laissent songeurs les entrepreneurs. »
L’industrie et le BTP en difficulté
Pierre Sirodot abonde dans ce sens : « Ce début d’année 2026 s’accompagne d’une pointe d’inquiétude au tribunal de commerce : nous ouvrons en ce moment des procédures de mandat amiable et de conciliation dans un secteur que nous ne connaissions pas : l’industrie, affectée par des baisses d’activité et une concurrence internationale féroce sur les prix. »
En termes d’emploi, les chiffres traduisent un même fléchissement : l’industrie, comme la construction, ont décroché, avec respectivement -2,3 % et -5,1 % de recrutements en 2025. De même, dans ces secteurs, les offres d’emploi ont diminué, de 8 % pour l’industrie et 24 % dans le BTP.
Toutefois, la Savoie reste un département actif, comme le faisait remarquer Catherine Krebs, directrice déléguée de France Travail : « En 2025, nous avons enregistré 125 512 recrutements, en hausse de 0,8 %, alors que la région connaît une baisse de 1,2 %… Il y a une vraie dynamique sur le département : comparé à la période avant covid, les embauches augmentent de 21 %. »
Le taux de chômage en Savoie s’établit à 5,6 % au 3e trimestre 2025. Toujours selon Catherine Krebs, « cela reflète une hausse de 0,2 % sur les douze mois glissants, avec 18 608 demandeurs d’emploi disponibles immédiatement sur un total de 33 832 inscrits à France Travail. »








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