C’est sur fond de négociations en cours avec l’État, pour préserver ses acquis, que la MSA se félicite d’une belle avancée : la réforme du régime agricole des retraites pour les dirigeants ouvre droit à de meilleures pensions…
Un décret du 31 décembre 2025 donne le top départ au nouveau régime de retraite pour les dirigeants du monde agricole. La Mutualité sociale agricole (MSA) Alpes du Nord – qui couvre les départements des Savoie et de l’Isère – est fort aise d’en avoir terminé avec l’ancien système de conversion des revenus en points retraites. Surtout au regard du volume à traiter : 56 864 actifs, dont 2 686 chefs d’exploitation en Savoie et 3 861 en Haute-Savoie.
Depuis ce 1er janvier 2026, la retraite de base des dirigeants d’entreprises agricoles se mesure sur les vingt-cinq meilleures années d’activité, un régime jusque-là réservé aux salariés et, plus récemment, aux travailleurs indépendants.
Cet acquis social, très attendu par le monde agricole, réjouit le premier vice-président de la MSA Alpes du Nord, Edmond Decoux : « Cette réforme prend enfin en compte la réalité des carrières des agriculteurs, marquées par des revenus irréguliers, assujettis aux aléas climatiques, avec des années économiquement compliquées. C’est un point très important de la réforme. »
Les nouveaux retraités devraient déjà en retirer les bénéfices. Il est également prévu un recalcul de leurs droits en 2028, pour confirmer ou revaloriser les montants des pensions. Le financement de cette réforme, passe par une révision de l’assiette des cotisations sociales : la part non contributive (CSG-CRDS) diminue au profit des cotisations contributives.
« Ce mécanisme permet de financer l’augmentation des retraites, dans la mesure où le nouveau calcul est plus favorable. La contribution totale des non-salariés agricoles reste la même mais elle elle génère plus de droits », explique Fabien Champarnaud, directeur général de la MSA Alpes du Nord.
Un meilleur statut pour les conjoints
Dernière évolution, très attendue également, notamment par les femmes d’exploitants : la suppression imminente du statut de conjoint collaborateur. Les travailleurs déclarés sous ce statut, essentiellement des épouses, rejoindront, au 1er janvier 2027, le régime salarié, synonyme d’une meilleure retraite mais de cotisations plus élevées.
Ils ont jusqu’à cette date butoir pour manifester leur intention d’opter pour un autre régime : exploitant à titre officiel ou associé. « Nous assistons à une véritable avancée en matière de protection sociale. Le statut de conjoint collaborateur fait débat depuis plus de cinquante ans », souligne encore Edmond Decoux.
C’est dans ce contexte de réforme des retraites agricoles, émaillé de revendications fortes de la part des agriculteurs, que la MSA entreprend ses négociations quinquennales avec l’État. Depuis le plan de réforme de la Sécurité sociale de 1996, appuyé en 2001 par la loi organique de financement, la MSA trace sa feuille de route à travers une convention d’objectifs et de gestion (COG) négociée avec l’État.
À ce stade, le président de la MSA Alpes du Nord, René Féchoz-Christophe, n’a toujours pas apposé sa signature sur le document : « Nous attendons une trajectoire claire et objective de la part de l’État. Les négociations se poursuivent notamment sur les budgets et les effectifs. » La MSA Alpes du Nord emploie 334 salariés ETP (soit 17,7 M€ de frais de personnel) et n’entend pas revoir à la baisse le niveau d’accompagnement de ses 138 517 adhérents.
Pour le président, « la COG doit être un levier pour sécuriser l’avenir de la MSA, pas pour l’affaiblir ». Et d’insister : « Nous vivons un moment décisif pour 2026-2030, où l’avenir de la protection sociale agricole et l’équilibre des territoires ruraux sont en jeu. »









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