Le 9 juillet, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a condamné MND pour avoir tardé à publier des informations sensibles au marché. Le groupe écope d’une amende de 750 000 €. Il annonce faire appel.
L’AMF a, de nouveau, sévi. Sa Commission des sanctions a condamné le groupe savoyard MND, spécialiste du transport par câble et de l’aménagement de la montagne, à une amende de 750 000 €. Dans le détail, 500 000 € sont imputables à la société et 250 000 € à son PDG, Xavier Gallot-Lavallée.
Retards de publications
Selon le gendarme de la Bourse, le groupe industriel (100 M€ de CA 2025, 70 % à l’export, 300 salariés) est accusé d’avoir tardé à communiquer, dès que possible, des informations privilégiées au marché, susceptibles d’influencer le cours de Bourse. Grief auquel se greffent des manquements aux obligations professionnelles.
Les faits reprochés remontent à la période 2017-2020, durant laquelle MND, encore cotée sur Euronext Growth Paris (il est sorti de la cote en juillet 2024), aurait failli à son obligation de publier « quatre informations sensibles portant sur l’avancement et le financement de plusieurs projets de conceptions de stations de ski ou de construction d’infrastructures », relève l’AMF. Figurent, au premier chef, l’appel d’offres pour la reconstruction du téléphérique de Huy, en Belgique, rendu public avec trois semaines de retard, fin août 2020, mais aussi le prêt complémentaire de 15 M€ accordé par Cheyne Capital pour poursuivre son activité, annoncé seulement beaucoup plus tard.
Même constat concernant deux stations en Chine : le report de trois ans de l’exécution du contrat Snowland n’a été dévoilé que six mois après, tout comme l’annulation d’une partie du contrat de Wanlong, alors que MND avait annoncé un chiffre d’affaires de 50 M€ sur cinq ans. Enfin, l’AMF reproche à l’industriel de ne pas avoir respecté la loi concernant la tenue et la mise à jour des listes d’initiés. Cette même commission avait déjà infligé, en 2018, à MND une amende de 400 000 euros pour des manquements dans son information aux investisseurs, et à Xavier Gallot-Lavallée une autre de 150 000 €.

8 autres investisseurs condamnés
L’AMF a également retenu que des investisseurs (au nombre de sept) et une société ont commis des manquements d’initiés « sur la base de deux informations privilégiées se rapportant aux projets de MND, auxquels certaines de ces personnes avaient participé pour acquérir des titres ». Délits pour lesquels la sanction pécuniaire cumulée atteint 1,14 M€, variant de 15 000 à 400 000 euros selon la gravité des manquements.
Parmi eux, un ancien cadre de MND (depuis licencié pour faute grave) ainsi qu’une société de conseils en investissements financiers, Cougar Invest, et son dirigeant interdit d’exercer. Ces investisseurs étaient notamment informés que MND avait remporté l’appel d’offres du téléphérique de Saint-Denis-de-la-Réunion avant même que l’entreprise ne rende l’information publique. Au total, le montant de toutes les sanctions prononcées atteint donc 1,89 M€.
Recours assuré
De son côté, Xavier Gallot-Lavallée, PDG de MND, n’a pas manqué de réagir à la décision de l’AMF. Il confie, en exclusivité à Éco, avoir décidé de faire un recours devant la cour d’appel de Paris, « juridiction indépendante et neutre, pour, dit-il, faire valoir nos droits dans un cadre serein et équitable ; ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ». Il assure également que ni sa société, ni lui ou l’équipe dirigeante n’ont tiré profit et ne sont, en aucun cas, mis en cause dans le dossier des délits d’initiés.
S’agissant des griefs qui lui sont reprochés, « nous apporterons des éléments factuels qui doivent être pris en considération », appuie le dirigeant, dont le groupe était en pleine restructuration.
« Qui plus est, précise-t-il, lorsque ces informations ont été publiées, le cours de Bourse n’a pas varié, confirmant leur caractère secondaire ». Et Xavier Gallot-Lavallée de terminer : « Nous déplorons cet acharnement administratif de l’autorité des marchés. »
Patricia Rey
Image à la une : MND Ropeway








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