Le salon des maires de l’Ain a été l’occasion pour les élus de présenter leurs doléances, mais également de revenir sur la dette publique.
« Nous avons reçu un tacle sur la dérive des comptes publics. Il faut le redire, les collectivités territoriales ne sont pas à l’origine du déficit », a martelé Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse, président de Grand Bourg agglomération et conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des maires et présidents d’intercommunalités de l’Ain (AMF 01), qui s’est tenue lors du 8e Salon des communes et intercommunalités de l’Ain, le 18 octobre, à Ainterexpo Bourg-en-Bresse. Une rencontre placée sous le signe du mécontentement et de l’inquiétude face aux finances publiques.
« Cette dérive ne vient pas des dépenses, mais d’une diminution des recettes. Quand on supprime les 23 milliards d’euros de la taxe d’habitation pour les remplacer par des dotations, on creuse ce fameux déficit », ajoute l’élu. Et celui-ci de rappeler que les collectivités sont responsables de 8 % de la dette quand elles représentent 70 % des investissements publics.
S’il ne demande pas d’exonérer les collectivités de l’effort sur la dette, Jean-François Debat a surtout mentionné la nécessité d’un effort proportionné, quand 5 milliards de contribution leur sont demandés, auxquels s’ajouteront la disparition du fond vert pour 1,5 milliard, des augmentations de taux, mais également de nombreuses coupes budgétaires. L’impact de toutes ces mesures pourrait s’élever à près de 10 milliards d’euros sur les quelque 40 milliards d’économies souhaités par le gouvernement.
« Je m’inquiète de voir le pays capable d’organiser de magnifiques Jeux Olympiques et être incapables de boucler un budget. La sixième puissance mondiale va bientôt avoir des problèmes de fin de mois », a appuyé Jean Deguerry, président du Conseil départemental.
Les maires ont profité de leur rencontre pour présenter leurs doléances auprès des députés et sénateurs aindinois sur différents sujets comme les finances, la démocratie locale, la masse salariale des fonctions publiques, en passant par la démographie médicale ou encore l’eau.
Autre sujet évoqué, la simplification administrative. Maintes fois évoquée, celle-ci peine à être mise en place. La lourdeur des démarches en France fait ainsi perdre un temps parfois considérable aux collectivités, mais pas seulement. Les parlementaires présents n’ont pas manqué d’assurer les édiles de leur soutien dans ces différents combats.
Chantal Mauchet, préfète de l’Ain, également présente, a rappelé le cap fixé par le Premier ministre, portant sur la sécurité et le respect de l’ordre républicain, la transition écologique, la réindustrialisation et la poursuite de l’aménagement du territoire, ainsi que sur le maillage des services publics. Elle a également mis en avant la souplesse des préfets et l’engagement de l’État aux côtés des maires.
Un prêt responsable pour le SIEA
Au mois d’août, La Banque Postale a accordé au SIEA (Syndicat intercommunal d’énergie et de e-communication de l’Ain) un prêt de 20 M€ pour lui permettre de poursuivre le déploiement de la fibre, en prenant en compte l’augmentation de la démographie aindinoise et des logements afférents. Lors du salon des maires, l’organisme bancaire en a profité pour remettre un trophée du prêt responsable au syndicat.
« L’installation de ce réseau d’initiative public est un engagement responsable car il participe à la cohésion des territoires mais également à l’inclusion des personnes », précise Emmanuelle Valigny, chargée d’affaires secteur public local de La Banque Postale, responsable territoriale de l’Ain. Actuellement déployée à 90 %, la fibre représente un financement de près de 700 M€. Fin 2024, 328 000 logements devraient être équipés.
Joséphine Jossermoz








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