Décédé le 12 décembre à l’âge de 99 ans, Yvon Gattaz « était un homme passionné par les jeunes, par l’entreprise, par la création d’entreprise, par le management participatif et humain », comme l’évoque son fils, Pierre, sur les réseaux.
Et depuis l’annonce de la disparition de l’ex-patron des patrons (ancien patron du CNPF devenu Medef) de 1981 à 1988, les hommages se succèdent et les réactions sont nombreuses en Isère. Né le 17 juin 1925 à Bourgoin (Isère), de parents instituteurs, il n’a jamais oublié ses racines.
« Ma mère était institutrice au collège de Bourgoin et elle voulait que ses fils réussissent. Elle nous a poussé, mon frère Lucien et moi, à faire des études. Nous sommes sortis ingénieurs et nous avons saisi l’opportunité du moment. Nous avons fondé la société Radiall, dans des locaux de 110 m2 situés dans le fond d’une cour à Paris, à côté du cirque d’hiver. C’était en 1952. Entreprendre, cela ne s’apprend pas. Cela se transmet par l’exemple. Il faut remettre à l’honneur la vertu de l’exemplarité », nous avait confié Yvon Gattaz lors d’une conférence qui s’était tenue sur l’entrepreneuriat, à Bourgoin-Jallieu, le 13 mars 2015.
Aujourd’hui, Radiall s’est forgé une solide réputation de leader mondial dans les solutions d’interconnexion, et l’histoire entrepreneuriale se pérennise avec son fils Pierre (notre photo : Pierre et Yvon Gattaz en « pèlerinage » familial à Bourgoin-Jallieu, en 2016).
Passionnément engagé

« Yvon Gattaz a consacré sa vie à défendre et mettre l’entrepreneuriat au cœur du débat économique. Comme président du CNPF mais également à travers les nombreuses associations qu’il a créées, rappelle le Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (METI) dans un communiqué. Résolument patriote, attaché au développement et à la croissance du tissu industriel, Yvon Gattaz laisse un héritage considérable pour notre économie. Sa foi résolue dans le potentiel de croissance et le dynamisme des entreprises françaises l’a conduit à proposer, dès 2008, la création de la catégorie des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Il aura marqué plusieurs générations d’entrepreneurs en s’attachant à encourager spécialement les plus jeunes d’entre eux. Le METI et tous les entrepreneurs de notre Mouvement perdent aujourd’hui une figure paternelle. Notre pays perd un homme passionnément engagé ».
De son côté, le maire de Bourgoin-Jallieu (Isère), Vincent Chriqui, évoque l’homme « visionnaire et défenseur infatigable de l’entreprise » : « Yvon Gattaz a marqué de son empreinte l’économie française. Sa passion pour la transmission, son engagement en faveur des jeunes générations, et son expérience inspirante resteront gravés dans nos mémoires. Sa famille, solidement ancrée dans notre département, a également contribué au dynamisme économique local à travers l’entreprise Radiall, basée à Saint-Quentin-Fallavier. Une entreprise dynamique, innovante, qui symbolise les valeurs d’excellence portées par les Gattaz ».
Elu en 1989 à l’Académie des Sciences Morales et Politiques dont il fut le président, sa bibliographie est abondante. Yvon Gattaz, qui ne manquait pas d’humour, a écrit des milliers de tribunes et d’articles, ainsi que 14 ouvrages de fond sur l’économie, l’entreprise, les start-ups, ses relations avec François Mitterrand, ses multiples vies…
En 2005, il avait été élevé à la dignité de Grand’Croix de l’ordre national du Mérite et élevé à la dignité de Grand’Croix de la Légion d’honneur en 2013. L’académicien avait également créé, en 1986, l’association Jeunesse et Entreprises (AJE). L’AJE est la première et la plus ancienne passerelle entre les milieux économiques, éducatifs, institutionnels, associatifs, a disposé d’une équipe permanente, soutenue par un groupe d’experts bénévoles. Passionné d’art et d’histoire, il est l’un des Conservateurs du Domaine de Chantilly qui renferme le plus beau livre du monde : “Les trésors du duc de Berryˮ.
Ses obsèques se sont déroulées ce 17 décembre à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides de Paris. Notre titre présente ses condoléances à ses enfants, ses petits-enfants et à ses proches.
Carole Muet












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