Plus de 70 professionnels de la construction assistaient, jeudi 19 juin, à la conférence sur le réemploi organisée par l’Office du BTP 74. Cette rencontre a, entre autres, mis l’accent sur le groupe de travail “Réemploi en grand” animé par SoluCir.
Initiée début 2024, la démarche rassemble une trentaine de maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, matériauthèques, architectes, diagnostiqueurs, distributeurs, assureurs qui coopèrent afin de massifier le réemploi de matériaux dans le bâtiment. Elle a d’abord consisté à identifier les clés permettant de lever les freins rencontrés et d’expérimenter les bonnes pratiques sur des projets concrets. « À partir de cet été, elles vont être mises en ligne afin d’être accessibles au plus grand nombre », annonce Sonia Razafindranaly, chargée de la facilitation, de l’essaimage et des partenariats au sein de SoluCir.
Parmi les intervenants, Jane-Marie Sanson, responsable de programme chez Imotis : « Le réemploi demande plus d’efforts, plus de temps, mais il participe à un processus plus vertueux pour la planète », plaide-t-elle. Julien Delaunay, le président d’Aster Habitat, observe cependant que « pour des raisons culturelles, les acquéreurs ne sont pas toujours prêts à accepter des matériaux anciens : ils achètent du neuf et veulent du neuf. »
« Dès lors qu’il y a un sinistre, on cherche un responsable. Les aléas susceptibles de survenir lorsque le matériel installé n’est pas neuf doivent être acceptés », ajoute David Bado, le président de l’Office du BTP 74. Pour Xavier Patriarche, de l’agence d’architecture Kayak, l’enjeu est aussi que le coût du réemploi ne dépasse pas celui du neuf mais que les heures de main‑d’œuvre, généralement plus importantes, soient bien intégrées à la facture finale.

Sophie Boutrelle
Photo (crédit Sophie Boutrelle) : Autour de Brigitte de Jong et David Bado (à gauche), de l’OBTP, les intervenants à la conférence.








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