Régulation de l’accès au Mont Blanc : ce qui change en 2020 !

par | 9 Juil 2020

Les modalités de régulation d’accès au mont Blanc, instaurées l’été dernier, visent à maîtriser la fréquentation et les aménagements sur la voie normale et à préserver ce site naturel fragile. Cette année, des changements sont annoncés, avec une augmentation des contrôles.

Alors qu’une vaste opération de contrôle a eu lieu, ce lundi 6 juillet, à Tête Rousse à 3 100 m d’altitude, la Préfecture de la Haute-Savoie en profite pour rappeler la nouvelle réglementation qui régit l’accès au mont Blanc par la voie normale, selon l’arrêté en vigueur du 15 juin au 29 septembre 202).

Les grands changements point par point

  • Les agents de la brigade blanche recrutés par le maire de Saint-Gervais-les-Bains ont un statut d’ASVP et sont assermentés administrativement par le préfet et judiciairement par le tribunal afin d’asseoir leur légitimité en cas de rébellion.
  • Le PGHM va intensifier sa présence en terminant une semaine après le 15 septembre. Il a été présent 33 jours en 2019.
  • Les contrôles d’identité des alpinistes, effectués par le PGHM, les membres de la brigade blanche et les gardiens de refuge, se font de manière aléatoire afin de vérifier leur conformité avec les récépissés de réservation et de lutter contre le risque de réservation « à blanc ». Ceux à l’égard des guides de haute montagne sont augmentés pour satisfaire aux obligations de qualification (diplôme) et de déclaration (carte professionnelle).
  • Un gardien unique a été embauché pour les trois refuges (Goûter, Tête Rousse, Nid d’Aigle) situés sur la voie normale.
  • Les tentes du camp de base de Tête Rousse ont été remplacées par des tentes plus petites résistant mieux au vent.
  • Un portail unique est mis en place pour tous les hébergements de la voie normale : http://www.montblanc.ffcam.fr
Le mont Blanc par la voie normale @Camptocamp

Pourquoi un tel dispositif ?

Ces modalités de régulation visent à maîtriser la fréquentation. En effet, le mont Blanc, sommet emblématique, attire chaque année près de 25 000 excursionnistes… ce qui entraîne immanquablement des phénomènes de surfréquentation des refuges et de sécurité des pratiquants mais aussi, plus dommageable, des incivilités et des atteintes à l’ordre public, dont se plaignent les professionnels. Dans ce contexte, les autorités ont souhaité mettre en place cette démarche en vue de préserver ce site classé et d’assurer la sécurisation des aménagements.
Pour rappel, les principaux objectifs de ce dispositif sont : le respect de l’effectif public maximal des refuges et de la fréquentation sur cette voie (262 places quotidiennes : 120 au refuge du Goûter, 72 au refuge de Tête Rousse, 50 au camp de base de Tête Rousse, 20 au refuge du Nid d’Aigle) et de l’interdiction de camper en site classé (hors dérogation, à l’exemple du camp de base de Tête Rousse) ; le contrôle des guides de haute montagne pour lutter contre ceux exerçant sans diplôme ni carte professionnelle, et enfin, la poursuite du travail de prévention engagé depuis plusieurs années.

Le refuge du Goûter à 3 815m ©OT Saint-Gervais – Pascal Tournaire

Des résultats probants

Mises en place pour la première fois l’été dernier, ces mesures donnent déjà des résultats positifs. Pour Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, qui dénonce régulièrement les dérives,

« la paix est revenue. Ce dispositif est rentré dans les moeurs… Tout le monde a compris la règle du jeu, ce qui signifie que nous avons bien fait de persévérer. Nous avons tapé dans le mille « .

De son côté, le PGHM constate une baisse sensible de l’accidentologie. Ainsi, 46 secours et 2 personnes décédées ont été recensés du 1er juin au 16 septembre 2019. À titre de comparaison, sur la même période de référence, la moyenne sur les dix dernières années est de 62 secours et 3,6 décès. Enfin si certains comportements irrespectueux demeurent, aucune incivilité grave n’a été enregistrée.
D’ici la fin de l’année, et comme annoncé par le président Emmanuel Macron lors de sa venue à Chamonix et à Saint-Gervais en février, un arrêté de protection des habitats naturels du mont Blanc viendra compléter le dispositif de régulation pour accentuer la préservation du site, fragilisé aussi par le réchauffement climatique.

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Par Patricia Rey

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Photo Une : ascension au mont Blanc ©OT Saint-Gervais – Pascal Tournaire

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