RH : la prévention des risques chez les sapeurs-pompiers

par | 27 Nov 2024

Le Réseau 3S Santé Sécurité des SDIS de la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est retrouvé dans l’Ain pour aborder la prévention de l’usure professionnelle et la préservation du capital santé.

« Que ce soit l’Ardèche, les deux Savoie, le Puy-de-Dôme ou l’Ain, nous sommes concernés par les mêmes sujets. Notre métier de sapeur-pompier est dangereux et nous devons nous en préoccuper au quotidien, explique le contrôleur général Christophe Glasian, directeur du service départemental d’incendie et de secours du Puy-de-Dôme (Sdis 63). Alors pourquoi n’arrivons-nous pas à passer, dans la réalité du terrain, à la mise en œuvre de ce qui nous est proposé et qui a vocation à améliorer la situation ? Le capital santé d’un pompier, c’est quelque chose de précieux, a fortiori avec l’allongement de la durée de nos carrières. Nous allons devoir acculturer car c’est bien un problème de culture. Et cela prend du temps de faire bouger les choses. »

De quoi alimenter le débat de la conférence relative à la conduite du management de proximité organisée dans le cadre du colloque du Réseau 3S (santé sécurité des Sdis) de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura).

Management de proximité

Pilotée par le Sdis 63, cette quatrième édition s’est déroulée le 14 novembre dernier dans les locaux du Sdis de l’Ain. L’objectif de ce rassemblement qui a vu la participation de 120 personnes de la filière santé (médecins, infirmiers), des préventionnistes, des services techniques et de l’encadrement, était de renforcer les mesures pour réduire les accidents.​​​​​​​

« Nous sommes tous capables de nous épauler les uns les autres, ajoute le directeur départemental du Puy-de-Dôme qui pilote l’organisation du Réseau 3S. Comme je le dis souvent à mes appelés, vous êtes là pour accompagner celui ou celle qui n’est pas toujours dans ses pratiques, apte à prévenir l’usure professionnelle et à maintenir son capital santé avec, en face, l’exigence qu’on lui fixe en termes d’activité opérationnelle. À savoir se lever plusieurs fois dans la nuit pour remplir des missions qui, quelquefois, sont très compliquées sur le terrain. »

Et de poursuivre : « Au-delà de l’aptitude physique et sportive qui n’est pas toujours mise en exergue sur toutes les interventions, on pourrait aussi parler de la violence urbaine qui touche aussi à la sécurité de nos personnels. »

Après avoir largement abordé la sociologie, l’auditoire interpellait les officiers supérieurs, intervenants du jour, sur le management de proximité et le respect des règles. Alors qu’en est-il de l’individu ? Du collectif ? Et de l’organisation ? « Ce triptyque, qui est un des fondements du capital santé selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), doit être équilibré », pouvait-on entendre.

« C’est un sujet qui nous touche tous avec un objectif commun et d’intérêt général », exposait le contrôleur général Christophe Glasian, au côté du contrôleur général Hugues Deregnaucourt, directeur du Sdis de l’Ain. L’occasion pour le contrôleur général Patrick Moreau, de l’inspection générale à la sécurité civile de Paris, de rebondir.

« Ce qui est important, en termes de management, c’est qu’à chaque niveau de la chaîne, les personnes soient convaincues de la place à accorder à la protection et à la santé des personnels. Je peux observer aujourd’hui que vous avez, dans cette zone, des directeurs départementaux et des équipes de direction particulièrement impliqués. Vous avez vraiment tous les outils pour que vos agents soient au top. »

Dans l’Ain, la prise en compte de la santé, « c’est incontournable », assure le colonel Pierre-Marie Grandcolas, directeur départemental adjoint du Sdis 01 qui rappelle que les soldats du feu ont réalisé 44 200 interventions en 2023. Le Sdis de l’Ain, c’est 58 casernes, 143 services locaux d’incendie de secours (SLIS) et 3 978 sapeurs-pompiers dont 380 professionnels. « C’est une vraie force pour le département. »


Carole Muet

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