Les deux dernières décennies ont été marquées par des transformations majeures dans le monde du sport qui propose aujourd’hui de nombreuses formations et opportunités de carrières, mais parfois encore mal connues.
« Nous sommes dans une situation un peu paradoxale, constate Olivier Beyeler, directeur de la Sports Management School Lausanne (SMS), qui propose un Bachelor en management du sport. La planète sport avance à toute vitesse comme on peut le voir avec de gros événements comme Paris 2024, mais aussi avec l’arrivée de sponsors tels que LVMH qui sont traditionnellement un peu extérieurs au sport. Il y a un engouement certain du public et des jeunes pour le sport, mais également une très grande méconnaissance de tous les métiers du sport. Si je parle du monde du luxe, on a tout de suite des images en tête, ce qui n’est pas le cas du monde du sport, c’est assez pauvre en représentation en fait. Du coup, j’ai l’impression que les gens ont souvent une représentation assez limitée de tous les possibles. »
La raison serait peut-être à aller chercher du côté des études où le sport est un peu mis en retrait par les parents. « Ils ont tendance à s’intéresser au sport uniquement lorsque l’enfant insiste beaucoup. » Les formations sont pourtant nombreuses et celles en management du sport, dont les premières remontent aux années 80, connaissent un développement au sein des universités suisses à partir des années 2000.
« La Suisse est un paradis pour le sport, les sportifs et les métiers du sport. Il y a toute la gouvernance internationale, il y a des clubs partout et il y a des événements importants au moins une fois par an », résume Olivier Beyeler. Dans ce contexte, la Sports Management School Lausanne s’inscrit depuis 2021 dans une configuration singulière puisqu’elle se situe au milieu de la Maison du sport internationale, à Lausanne, qui regroupe sous le même toit plusieurs acteurs de l’administration du sport international. Au total, une trentaine de fédérations et d’organisations sportives internationales ainsi qu’une vingtaine d’entreprises en lien avec le sport forment un écosystème au sein duquel les étudiants évoluent au quotidien, favorisant ainsi la création d’un réseau.
« Les possibilités de carrière sont très vastes avec les fédérations internationales, les associations nationales, les clubs, les ligues et les marques par le biais du sponsoring. En Suisse, par exemple, il y a l’horlogerie et rares sont les marques qui n’ont pas une stratégie avec le sport. » Le management du sport permet aussi d’accéder à des emplois dans l’événementiel ainsi que dans les pôles sports des services cantonaux et des villes et le tourisme où le sport occupe une place grandissante pour les destinations.
Cette diversité des débouchés se traduit également dans les programmes. « Nous formons de plus en plus les étudiants sur des problématiques transversales comme, par exemple, la sustainability qui offre énormément d’opportunités car c’est un secteur dans lequel les acteurs du sport veulent s’engager. »
« En Suisse, par exemple, il y a l’horlogerie et rares sont les marques qui n’ont pas une stratégie avec le sport. »
Olivier Beyeler
Des formations ciblées
Cette volonté d’être en adéquation avec le marché s’exprime aussi en France avec, par exemple, le développement ces dernières années de formations en lien direct avec le territoire. C’est le cas notamment du cursus Tourisme et loisirs sportifs de montagne à l’Université Savoie Mont Blanc (USMB).
« L’objectif de cette formation, explique Fabienne Gillonnier, sa fondatrice, est de permettre la commercialisation des pratiques de sport outdoor à un acteur individuel ou à une entreprise dans le cadre d’un séminaire d’entreprise par exemple. Un accompagnateur de moyenne montagne, déjà titulaire de son diplôme, peut venir se former chez nous afin d’acquérir des compétences de gestion des structures dans lesquelles il est amené à travailler, de management d’équipe, de conception de produits événementiels et de leur promotion et la vente de tous les types de services sportifs, et de sports nature. »
L’intérêt des jeunes pour cette formation a incité l’USMB à développer un parcours en alternance sur une durée de douze mois. « Cette proposition a créé une nouvelle émulation auprès des étudiants car ils ont vraiment la possibilité de s’intégrer dans les entreprises. » Les débouchés sont prometteurs, dans le secteur du tourisme récréatif et sportif des pratiques de montagne, notamment en tant que professionnel polyvalent faisant preuve d’ adaptabilité, et de réactivité face aux nouvelles contraintes environnementales qui impactent les loisirs sportifs de montagne.
Odile Habel
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Printemps 2025 disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>










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