Afin d’étudier l’adaptation des essences aux bouleversements environnementaux, l’institut WSL mène un projet de grande ampleur dont une première partie doit s’achever en 2038. L’objectif étant d’observer la capacité des forêts suisses à survivre. Ni plus ni moins.
En tout ce sont 56 sites répartis dans tout le territoire de la Confédération qui sont examinés à la loupe, certaines zones laissant déjà apparaître les effets très visibles des bouleversements climatiques. La première phase lancée en 2020, dont les derniers ajustements se dérouleront au printemps prochain pour réinstaller des essences victimes d’un choc de plantation, indépendant de l’objet de l’étude, a consisté à réaliser l’implantation des arbres, sélectionnés avec soin avec des experts selon différents critères.
« Nous souhaitions tester différentes essences et provenances », précise Robert Jenni, collaborateur scientifique de l’Office fédéral de l’environnement – division forêt. L’idée étant de voir, à moyen terme, comment réagissent les arbres face aux épisodes climatiques extrêmes. L’observation sera menée jusqu’en 2038, annuellement dans un premier temps, avec l’espoir de « recueillir un maximum d’informations », puis avec une observation étalée à plus long terme dans un second temps. L’étude porte à la fois sur la résistance aux épisodes de sécheresse, mais aussi sur la résistance mécanique lors de violentes tempêtes ou d’inondations et la capacité à lutter contre les nuisibles des arbres.
Diversifier pour enrichir l’écosystème
Dans ce cadre, la diversification des essences est un point essentiel, notamment en ce qui concerne l’impact des parasites et autres maladies afin de minimiser les effets de leurs attaques sur les forêts. Dix-huit essences seront donc observées à la loupe dans les années à venir. « Il a fallu faire des choix », poursuit Robert Jenni. Seuls quelques sites réunissent l’ensemble des espèces d’arbres. « Le but n’est pas de trouver l’essence miracle », estime-t-il, pointant les incertitudes quant à l’évolution
du climat à l’avenir et la différence de temporalité entre des bouleversements qui peuvent être rapides et la croissance des arbres qui s’inscrit sur le temps long. En parallèle, dès que possible, les chercheurs veulent laisser opérer la sélection naturelle et la capacité des forêts à se régénérer d’elles-mêmes.
L’étude servira notamment de base pour aider les propriétaires forestiers publics ou privés à entretenir leurs domaines, en faisant des choix éclairés, et pour aider les gestionnaires à prioriser les interventions, « en minimisant le risque d’erreur dans la sélection des essences à favoriser », estime Robert Jenni, pointant l’existence d’un certain nombre de recommandations et d’un outil en ligne TreeApp. Les propriétaires peuvent aussi se rapprocher du Triage forestier, de leurs associations ou fédérations s’ils sont adhérents pour un accompagnement adapté.
Sandra Molloy
Photo à la une : un érable sycomore sur une plantation expérimentale de Riddes dans le Valais.
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