Tignes reprend son domaine skiable en gestion directe

par | 22 Août 2024

La station savoyarde de Tignes ne renouvellera pas la délégation de service public la liant à la CDA, qui exploite son domaine skiable jusqu’en mai 2026. La création d’une société publique locale a été adoptée en conseil municipal.

Après la résiliation anticipée de la DSP des Deux-Alpes en 2020, c’est un nouveau coup dur pour la Compagnie des Alpes (CDA). La station de Tignes a décidé de revoir le modèle de gestion de son domaine skiable. Lors du conseil municipal du 8 août, les élus ont voté la création d’une société publique locale (SPL) pour reprendre la main,

« afin que 100 % des richesses du territoire restent sur le territoire », a expliqué le maire, Serge Revial, lors de la réunion publique organisée quatre jours plus tard.

Cette décision mettra fin, le 31 mai 2026 (échéance de la DSP), à trente-sept ans d’exploitation du domaine skiable par la Compagnie des Alpes (CDA).

110 M€ à verser à la CDA

Comme une SPL impose a minima deux partenaires publics, Tignes s’est alliée à Sainte-Foy-Tarentaise, commune limitrophe et complémentaire. D’autres stations devraient intégrer la SPL, telles Val-Cenis et Champagny-en-Vanoise dans un deuxième temps, avec l’espoir qu’elles soient rejointes par Val d’Isère, dont la DSP (actuellement confiée à la Compagnie des Alpes) se termine en 2032.

De son côté, la CDA indique, dans un communiqué, avoir « pris acte de cette décision ». Pour le groupe, filiale de la Caisse des dépôts, le manque à gagner est conséquent, le domaine skiable de Tignes générant un chiffre d’affaires de 66 M€ en 2022-2023 (1,8 million de journées-skieurs).

« Nous avions repris son exploitation en 1989 alors qu’il se trouvait au bord de la faillite », rappelle la CDA, qui y a investi, via sa filiale STGM (Société des téléphériques de la Grande Motte, qu’elle détient à 78 %), près de 140 M€, ces dix dernières années.

Le projet Tignes 2050 mobilisera 410 M€ sur trente ans ©andyparant.com

Concrètement, la SPL (une société de droit privé avec des actionnaires publics) devra verser plus de 110 M€ à la CDA « au titre des investissements non amortis et sur les biens de reprise (dameuses…) », relève Olivier Duch, premier adjoint en charge de la vie économique et du développement durable. Les 300 salariés de la STGM seront repris. Et la commune entend, par ailleurs, se porter acquéreur de plusieurs actifs immobiliers dans la station, propriétés de la STGM/CDA, parmi lesquels l’immeuble de 80 logements Le Chevril, pour un montant global qui avoisinerait 30 à 40 M€.

« Les négociations, qui n’ont pas encore débuté, détermineront le coût final, en fonction des expertises qui seront faites », précise, pour sa part, David Ponson, directeur des domaines skiables à la CDA.

Tignes 2050 en ligne de mire

La commune de Tignes estime avoir fait « un choix de raison », désireuse de s’engager dans un projet beaucoup plus ambitieux, Tignes 2050.

« Nous voulons nous projeter sur le long terme, dans une logique de développement maîtrisé, en tenant compte du réchauffement climatique et pour une vie à l’année dans la commune », détaille l’adjoint.

Pour ce faire, Tignes prévoit de lever 230 à 250 M€ afin d’indemniser la CDA et mener à bien son plan d’affaires. Celui-ci intègre un investissement de 410 M€ sur trente ans, dont 165 millions sur cinq ans affectés à l’amélioration du domaine skiable.

Un pari audacieux pour la station savoyarde, qui recense un peu plus de 2 000 habitants à l’année pour 31 000 lits touristiques, et dont le budget annuel s’élève à 44 M€ en fonctionnement et 31 M€ en investissement.


Patricia Rey
Photo Une remontée mécanique Tignes ©STGM – andyparant.com


2 Commentaires

  1. LAURENT

    Bonjour,

    Et dans ce contexte, que devient le forfait de ski pour l’ensemble du domaine TIGNES/VAL D’ISERE? Sera t’il toujours disponible à partir de 2026?

    Cordialement

    Réponse
  2. Carlos

    Oui, pas de changement pour les clients (sauf peut-être le prix)

    Réponse

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