Une fondation veut créer un centre mondial dédié au saint et vise plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an.
.Plus de 30 millions d’euros d’investissement, plusieurs dizaines d’emplois directs, 600 000 visiteurs par an (à titre de comparaison, Ars, dans l’Ain, et son célèbre curé en accueillent 500 000). Le dessein est encore plus impressionnant vu depuis la petite chapelle située au hameau de Sales, sur les hauteurs de Thorens-Glières (aujourd’hui commune de Fillière) : ici, sur le lieu exact où saint François de Sales vit le jour en 1567, il n’y a pour l’instant quasiment que des champs et des bois.
Ils pourraient donc bientôt laisser place à un parking en partie enterré de 1 500 places (à terme, mais moins en version initiale), un centre muséographique de plus de 2 000 mètres carrés dédié à l’histoire de la Savoie et à la vie et l’œuvre du saint, un centre de conférences d’au moins 1 200 places, une boutique, de la restauration…
L’hébergement, lui (deux hôtels sont envisagés en première intention), sera « sans doute éloigné de quelques kilomètres », indique Christian Bozon coporteur du projet avec son épouse, Isabelle de Roussy de Sales.
En quête de fonds “baptismaux”
La descendante du frère de saint François de Sales est la présidente (et son mari est vice-président) de la fondation Héritage Salésien, support de l’ambitieux programme : elle est d’intérêt public, sans but lucratif et de droit suisse (basée à Fribourg, pour des raisons juridiques et fiscales).
Outre son temps (bénévolement), la famille va apporter le foncier. Mais la fondation est encore en quête de ses fonds “baptismaux” : elle mise sur des dons de particuliers et d’entreprises (l’appel est lancé…), sur des aides publiques et des prêts bancaires, et espère davantage de visibilité en la matière d’ici fin 2021.
En plus de la question du financement, le projet salésien – qui revendique sa dimension spirituelle et historique mais se démarque de toute tutelle religieuse et se veut « ouvert à tous » – va aussi devoir lever les obstacles administratifs, notamment en termes d’urbanisme : la zone est actuellement classée en espaces naturels et agricoles.
L’échéance d’une première pierre posée fin 2022, pour le 400e anniversaire de la disparition de François de Sales, s’apparente alors davantage à une prière. Pas si grave : le projet n’est pas une commémoration mais bien une pérennisation de l’héritage, matériel et spirituel, du Savoyard le plus célèbre de la chrétienté..

Le château de Thorens s’ouvre à l’hébergement

En contrebas du hameau de Sales, le château de Thorens est habité par la famille du saint depuis le début du XVIe siècle. Ici, il est question d’hôtel et non d’autel. Et quand on parle de séminaires, c’est en référence aux événementiels d’entreprises qu’accueillent les lieux (hors Covid, bien sûr…). Car la résidence familiale, en partie ouverte à la visite depuis 1960, vient de faire l’objet (2020) d’un lifting à 300 000 euros pour être transformée en hébergements : sept chambres et suites ainsi que deux appartements sont déjà accessibles. Une dizaine d’autres (deuxième étage) le seront d’ici 2023.
Public visé ? Les particuliers de la région et de Suisse voisine, les touristes, mais aussi les entreprises pour leurs événements internes et l’accueil de leurs clients. Proximité d’Annecy et Genève, confort, calme, cadre et histoire exceptionnels sont les atouts mis en avant par la SAS familiale Luigia Soffietti (4 salariés) créée fin 2019 pour exploiter cette nouvelle activité.
Photos : Eric Renevier
Photo du haut : le château de Thorens, propriété de la famille Roussy de Sales (descendante du frère de saint François) , à l’origine du projet.












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