Face à l’évolution du monde du travail, agir sur leur image permet aux entreprises d’attirer les candidats et de conserver ses salariés.
« C’est le meilleur moment pour arriver sur le marché de l’emploi. Les entreprises ont énormément d’offres. En France, sur les deux dernières années, 800 000 emplois ont été créés », martèle Frank Ribuot, président du groupe Randstad France, le 27 mars, à l’occasion d’une conférence sur l’influence de la marque employeur sur la réussite de l’entreprise, face aux étudiants de l’école de commerce EGC Centrest, dont les campus sont établis à Bourg-en-Bresse et à Chalon-sur-Saône.
Et celui-ci de rappeler qu’avec une démographie vieillissante, le nombre de personnes disponibles pour travailler allait baisser. C’est ce que vit déjà le Japon, avec une main-d’œuvre âgée et une automatisation conséquente des métiers.
« Si la France a la chance d’avoir l’immigration pour compenser, le monde du travail a tout de même évolué. Avant on se posait d’abord la question de manger, d’avoir un toit sur la tête… Ensuite seulement on se demandait si tout allait bien. La vie s’est renversée dans l’entreprise. Désormais, on veut tout en même temps. Mais les dirigeants ne sont pas prêts, car il y a autant de besoins différents que de salariés », poursuit-il.
Définir son image
Entre ces nouvelles demandes et ce manque criant de main-d’œuvre, l’entreprise doit dorénavant se démarquer en soignant sa marque employeur. « La grosse difficulté de la marque employeur est de définir ce que l’on veut véhiculer et à quoi on veut répondre. Nous devons avoir un cadre assez large pour permettre à chacun d’évoluer, mais tout en laissant à l’entreprise la liberté d’avancer », ajoute Frank Ribuot.
Le dirigeant rappelle que la marque employeur ne se limite pas à l’image extérieure de l’entreprise. Elle constitue un tout impliquant également ce qu’elle renvoie en interne. Si ce tout s’avère déconnecté, les recrues intéressées lors des offres d’emploi ne resteront pas, face à une réalité différente de l’affichage. « Les candidats demeurent majoritairement attirés par le salaire. Les autres considérations viennent après. Toutefois, ils se maintiendront dans l’entreprise si elle fait le plein d’initiatives et que le patron est sympa », complète-t-il.
Un booster pour l’entreprise
« Il faut savoir mettre le collaborateur au centre de l’équation, renchérit Romain Barraud, président et cofondateur de Welco, plateforme de récupération de colis entre voisins. Chez nous, nous n’avons pas de dirigeant et d’employés. Chacun sait à qui se référer en cas de besoin ou de plainte, mais tout le monde est sur le même plan. En parallèle, nous accompagnons individuellement nos salariés, les écoutons et sommes attentifs à leurs besoins. »
Attirer et conserver, pour cette société lyonnaise, le proverbe n’a jamais été aussi vrai. Grâce à sa marque employeur, elle constate un turnover très faible. Mais plus encore, ce process lui a permis de se faire une notoriété. « Désormais ce sont nos employés qui font notre pub auprès des jeunes collaborateurs et des futures recrues, se réjouit-il. Welco est encore là aujourd’hui, grâce à notre marque employeur, notre capacité à recruter les bonnes personnes et à les garder grâce à nos projets. » Cette ambiance au travail à également permis à la start-up de s’appuyer sur ses salariés, ces derniers la soutenant en nombre lors de concours et mobilisant également leur entourage.
Enfin, les deux dirigeants appuient le fait que la marque employeur ne doit pas seulement être une vitrine, mais une mission au quotidien autour des valeurs transmises. Il faut traiter les collaborateurs comme des personnes et non comme des salariés, une manière de créer un attachement à l’employeur et donner envie de rester.
Joséphine Jossermoz








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