Après les sept premiers mois de sa prise de fonction sur l’arrondissement de Belley, le sous-préfet Yannick Scalzotto évoque le bouillonnement culturel et économique du territoire.
Votre parcours professionnel est riche et diversifié. Est-ce que cela signifie que vous ayez le goût du changement et des défis ?
J’ai un parcours très hétéroclite et je détonne un petit peu dans le paysage de l’administration. Au niveau des études, je suis autodidacte… Au moins jusqu’à ce que je passe mon bac scientifique, je me destinais à devenir médecin. Mais en fait, j’ai travaillé dans le cinéma. Très jeune, je faisais des reportages vidéos pour la télévision avec une société qui s’appelait Atelier Tarn Vidéo. En même temps, j’étais étudiant. C’était l’activité du week-end, qui est devenue ensuite job d’été. J’en ai fait une opportunité. J’ai été tour à tour opérateur dans un cinéma à Castres, directeur adjoint à Angoulême puis, de 1997 à 2005, directeur des cinémas de Poitiers. Par la suite, le parcours bifurque un peu. J’ai été responsable du Pôle Attractions au Futuroscope. Des postes qui m’ont amené à faire du droit, du management, du commerce. Après avoir fait une validation des acquis, j’ai repris des études et je suis rentré à l’Institut national des études territoriales de Strasbourg. J’ai ensuite occupé différents postes, notamment en collectivités avant de travailler auprès du préfet Patrick Strzoda, en Corse. Je souhaitais quelque chose de plus “punchy” et c’est là que j’ai appris les bases du métier.
Quel regard portez-vous sur le territoire ?
J’ai pris mes fonctions le 29 août dernier et quinze jours après je suis devenu papa avec la naissance de ma fille. Belley est un grand arrondissement de 108 communes pour une population totale de 123 918. La plus petite commune, Armix, compte 29 âmes, quand la plus grande, Ambérieu, recense 14 500 habitants. Depuis le mois de septembre, j’ai parcouru 16 000 km en voiture. Dans son ensemble, c’est un territoire dynamique avec des projets portés par les communes. Des projets qui visent à structurer la vie autour du bassin, essentiellement Bugey/Bugey sud. Et il y a beaucoup d’activité, des festivals, un bouillonnement culturel… Ça bouge ! Je ne m’ennuierais pas ici. C’est aussi un territoire contrasté et à deux volets : l’est et l’ouest. À l’est, se trouvent la vallée et le plateau d’Hauteville. Côté ouest, le Pipa (Parc industriel de la plaine de l’Ain) – qui draine du flux et de l’économie –, la centrale nucléaire et Ambérieu portent des projets différents : de la construction de logements à Château-Gaillard pour répondre à la pression foncière (liée à la proximité de Lyon), le pôle d’échange multimodal de la gare d’Ambérieu ou encore, du service à la population à Saint-Rambert. Mon impulsion aura consisté à accompagner ces projets, parce que je considère que l’État est là pour apporter des solutions.
Quelle est votre feuille de route et que souhaitez-vous faire pour l’arrondissement ?
Entre les points forts et les points faibles, si j’avais une baguette magique, je commencerais par éradiquer les friches. C’est mon fer de lance. Sur les petites communes de la vallée, des opérations de rénovation urbaine sont à conduire. On a des maisons complètement délabrées et qu’il faut réaménager pour rendre les villes attractives. Je pense notamment à Tenay. Au sein des communes de montagne, Hauteville œuvre pour trouver des solutions pour les multiples sanatoriums qui sont également à l’abandon. Au lieu de coloniser du terrain vierge, occupons-nous des friches. Cela fait partie des marques que je souhaite laisser de mon passage. Dire, par exemple, qu’à mon arrivée il y avait dix friches et qu’il n’en reste plus que deux à mon départ. Finalement, j’aurai servi à quelque chose sur le territoire. Sinon pour l’anecdote, j’ai installé récemment une ruche (bleue) dans les jardins de la sous-préfecture, toutes les conditions étant réunies pour l’accueil des abeilles.
Bio express
8 août 1975 : Naissance à Castres (Tarn).
Diplômes : Master professionnel en droit et administrations publics de la Faculté de Droit de l’Université de Poitiers et Master class Art de la négociation, à l’ENA.
2021-2022 : Sous-préfet chargé de mission auprès des préfets du Finistère et des Côtes-d’Armor.
2022 : Nommé sous-préfet de Belley par décret du 16 août.
Carole Muet








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