Opérationnelles depuis 2019, les Constructions mécaniques du Grand Arc (CMGA) élargissent leur rayon avec désormais cinq entreprises fédérées. Les dirigeants anciens et actuels, ainsi que vingt-cinq salariés, se répartissent le capital.
En 2016, l’entreprise Joly & Philippe (voir encadré ci-dessous) s’installe à Gilly-sur-Isère, dans des bâtiments suffisamment grands pour intégrer un atelier de construction métallique. « Cette diversification technique nous a permis de nous positionner sur des marchés plus importants, comme la réalisation de tyroliennes et de passerelles. C’est comme cela que nous avons rencontré les dirigeants de GVC Entreprises avec lesquels nous nous sommes bien entendus », raconte François Dalliet, son directeur général.
Cette rencontre a débouché sur une alliance de PME aux savoir-faire complémentaires au sein de CMGA (Constructions mécaniques du Grand Arc). Cet « alliage d’hommes et de valeur » est officiellement basé à Notre-Dame-des-Millières (73), au siège de GVC Entreprises (une trentaine de salariés, pour un chiffre d’affaires de 8 M€ réalisé dans le domaine de la chaudronnerie et de la construction métallique). Il rassemblait au départ Joly & Philippe et GVC, elle-même déjà alliée à Prinox via la holding Galibier Associés (Yenne).
« CMGA a repris le capital des trois entreprises qui a été réparti entre 25 salariés engagés, les 5 dirigeants actuels et les fondateurs – nos trois sages – que nous avons rappelés », poursuit François Dalliet. En 2022, Coppel Maintenance (Saint-Pierre-en-Faucigny, 7 M€ de chiffre d’affaires) spécialisée depuis une quinzaine d’années dans la maintenance de remontées mécaniques et parcs de loisirs, a rejoint l’aventure à l’occasion du départ en retraite de son dirigeant. S’est ajoutée, dans la foulée, Savoie Contrôles (La Biolle), un petit sous-traitant de Coppel, expert dans les contrôles non destructifs.
8 : c’est le nombre de dirigeants mandataires de CMGA, dont le capital est détenu par environ 35 salariés et dirigeants. Joël Revet assure la présidence du groupe ; Sébastien Chareyron et François Dalliet en sont les directeurs généraux.
200 salariés
CMGA représente environ 200 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 30 millions d’euros. Il détient la totalité du capital des entreprises mais aussi des bâtiments, considérés comme des outils de travail. « L’alliage nous rend beaucoup plus forts au niveau financier et humain. Si une entreprise se heurte à des difficultés – cela a été le cas de Joly & Philippe pendant la crise sanitaire et la fermeture des stations de ski –, la présence des autres constitue un appui précieux pour passer le cap. Nous avons beaucoup d’échanges stratégiques au niveau des directions et cherchons à développer des innovations sociales », précise François Dalliet.
CMGA constitue par ailleurs un atout pour donner des perspectives aux équipes, gérer la transmission et les départs en retraite. En 2022, Sébastien Chareyron a pris le relais d’Hugues Coppel, tandis que Jérôme Dorly a succédé, en janvier, à Philippe Molliet aux côtés de François Dalliet. Les cadres qui succéderont, fin 2023, à Joël Revet, le directeur général de GVC Entreprises et, en 2025, à Pascal Grosbot, le président de Prinox (voir article ci-contre) ont déjà été identifiés.
Portées par la puissance du groupe, les entreprises de CMGA réfléchissent à l’entrée de nouveaux actionnaires au capital et effectuent, au moins une fois par an, un chantier commun. Mais chacune conserve un fonctionnement autonome et se développe sur ses propres marchés, avec la réactivité et l’agilité d’une PME. Le modèle ainsi expérimenté ne manque pas d’intérêt.
50 bougies pour Joly & Philippe
Créée par Jean-Pierre Philippe et Jean Joly, Joly & Philippe fêtera, en juin prochain, son 50e anniversaire. Spécialisée dans les équipements mécaniques (conception, génie civil, fabrication, montagne, rénovation, maintenance), la société était à l’origine implantée à Arêches, dans le Beaufortain. Descendue en 1987 dans la plaine de Conflans, avant de s’installer, en 2015, à Gilly-sur-Isère, elle emploie environ 90 personnes, dont 60 % de saisonniers. Elle s’est diversifiée depuis quelques années dans les parcs d’attractions afin de lisser ses activités sur l’ensemble des saisons. « Encore réalisé à 70 % dans les domaines skiables, notre chiffre d’affaires s’est établi, fin mars 2023, à 9,7 M€. Nous devrions dépasser les 12 M€ sur l’exercice en cours en raison de gros projets à Valmorel et aux 2 Alpes », déclare François Dalliet, son directeur général. Depuis le départ en retraite, en janvier, de Philippe Molliet, avec qui il codirigeait de l’entreprise depuis 2006, François Dalliet fait équipe avec Jérôme Dorly, un ex-cadre de la Compagnie des Alpes.
Prinox : 20 ans de chaudronnerie
La PME de Voglans vient de souffler ses 20 bougies dans ses locaux tout neufs. Cuves, tuyaux, tôles, écrous, postes à souder et autres outils, établis… l’atelier de Prinox, à peine agrandi, est déjà bien plein. Depuis trois ans, les commandes affluent en effet vers cette PME de Voglans qui a fêté vendredi 12 mai ses vingt ans d’existence.
« Nous venons de passer trois très belles années, se félicite son dirigeant, Pascal Grosbot, et nous avons de beaux projets en cours. Je suis serein pour l’avenir. » Douze ans après avoir racheté la société, ce chaudronnier expérimenté qui compte plus de trente années dans ce métier, l’a fait passer de sous-traitant en chaudronnerie inox à ensemblier. Dans le même temps, les effectifs ont progressé de 4,5 salariés à 14 aujourd’hui, voire 18 avec les intérimaires. Et le chiffre d’affaires de 800 000 euros en 2011 a bondi à environ 4 millions d’euros en 2022.
Toujours spécialisée dans la chaudronnerie et tôlerie inox et alu (mais en majorité inox), Prinox a assuré sa croissance en gagnant en expertise. « Avant, on nous consultait beaucoup pour la réalisation de sous-ensembles, explique le dirigeant. Maintenant, nous réalisons des ensembles complets que nous montons dans nos ateliers. Notre montée en puissance est liée à la réalisation de ces affaires plus importantes et plus complexes. »


L’autre atout de Prinox est d’avoir « gardé son âme d’artisan ». Pascal Grosbot poursuit : « Notre force, c’est la pièce unitaire, les petites et moyennes séries. Nous n’irons jamais sur de très grandes séries ». L’entreprise a appris à connaître les métiers de ses clients (85 % sont récurrents) qui proviennent de secteurs très variés. Si l’ingénie représente une grande part de ces derniers, l’industrie du vide, celle des appareils à pression, l’agroalimentaire, le nucléaire, la pharmaceutique ou l’industrie du non-tissé viennent également toquer à sa porte. La grande majorité de ces demandeurs d’ordres est régionale (70 % du chiffre d’affaires), 25 % proviennent du reste de la France et 5 % de l’étranger en direct (Suisse, Italie, USA…).
Pour faire face à ces demandes et donner à ses nouveaux embauchés un confortable espace de travail (en 1,5 an, 4 personnes ont signé un CDI en production), Prinox s’est agrandi de 500 mètres carrés en 2022. Un investissement de 700 000 euros (pour le bâtiment) qui porte désormais sa surface à 1 500 mètres carrés d’atelier. « On manquait cruellement de place pour nos chaudronniers, détaille-t-il. Et comme on cherche encore à en recruter un ou deux, nous devions pousser les murs. » L’extension, plus haute, permet en outre d’intégrer un pont roulant d’une capacité supplémentaire. « On peut soulever des pièces pesant jusqu’à 16 tonnes, contre 10 tonnes auparavant », précise-t-il.
Enfin, Prinox, qui travaille déjà pour l’art et la décoration, veut également plonger plus sérieusement dans le monde de la piscine inox. « Nous sommes en train de développer une gamme », lâche le directeur qui assure : « Plus c’est tordu, plus ça nous plaît ! ».


Sophie Boutrelle et Sylvie Bollard
Photo : Les fondateurs de l’alliance CMGA, lors de son lancement en 2019. (crédit GI Photographs)








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