Météo, recrutement, image de l’appellation, formalités et rendement ont animé la réunion de pré vendanges du syndicat.
Les vendanges ont démarré le 4 septembre, sur l’essentiel du vignoble bugiste. Les plus précoces ont commencé autour des 30 et 31 août.
« Après deux saisons de petites récoltes, nous attendons de meilleurs volumes avec un degré rehaussé de 1,5° pour toutes les appellations et pour toutes les couleurs. Malgré les épisodes d’orages et de grêles, le potentiel est là. Sur l’appellation de 2022, il nous a manqué entre 25 et 30 % de volume. Nous avons besoin de 2023 pour reconstituer un peu le stock », a annoncé Jean-Luc Guillon, président du syndicat des vins du Bugey, lors de la réunion de pré vendanges qui s’est tenue au cœur des vignes du Caveau Bugiste, à Cheignieu-la-Balme.
Mais l’objectif premier de ce rendez-vous était d’informer les viticulteurs sur les démarches réglementaires et administratives. Ce que n’ont pas manqué de faire les intervenants de la douane, de Pôle emploi Belley et de la MSA Ain-Rhône sur les formalités relatives aux embauches et les salaires.
« En termes de recrutement de saisonniers, d’une manière générale, c’est compliqué pour l’ensemble des exploitations », a indiqué le président du syndicat. L’occasion pour Sarah Moumen, conseillère Pôle emploi à Belley, de faire un point sur les derniers chiffres du chômage. « Nous sommes à 5,2 % contre 5,4 % pour le département, soit 380 personnes immédiatement disponibles à l’emploi sur le bassin. Ici, le nombre d’inscrits est de moins de 1 500, dont 19 % bénéficient d’une reconnaissance en qualité de travailleurs handicapés. Le département est à environ 10 %. En partenariat avec les missions locales, nous faisons un maximum de communication sur les vendanges », a détaillé la conseillère.
Plus avant dans la réunion, Sandrine Bartolini-Bois, animatrice du syndicat, a fait une rétrospective sur le Bugey Day du 10 juillet dernier à Lyon, au Victoria Hall : « L’événement s’est articulé en trois temps forts avec, tout d’abord, une rencontre ouverte aux professionnels, aux journalistes et aux influenceurs. Elle était suivie d’une master classe sur les nouveaux vins d’altitude du Bugey avec Gaëtan Bouvier, MOF 2002 et meilleur sommelier de France 2016. La journée s’est terminée par une dégustation grand public en compagnie de 18 viticulteurs. Nous avons accueilli 120 personnes et nous sommes partants pour une nouvelle édition de ce mini-salon en 2024. »
Pour compléter le propos, le président indiquait à l’assistance que Gaëtan Bouvier envisage de mettre 25 références des vins du Bugey à la carte de son restaurant lyonnais situé sur la place Bellecour.
Entre autres projets, le syndicat se prépare pour la remontée des vins des Grottes préhistoriques du Cerdon en novembre 2024. Pour rappel, c’est en juin 2022 que 800 bouteilles ont rejoint les profondeurs des grottes.
« Avec l’agence lyonnaise Rouge Granit qui nous accompagne sur la partie événementielle, nous souhaitons développer notre notoriété. Cela se traduirait par la présence de nos vins dans les Bouchons lyonnais sur une durée d’une semaine en début d’année 2024 », a ajouté Jean-Luc Guillon.
L’image de l’appellation
Le président a également abordé la future implantation des deux réacteurs EPR2 à la centrale du Bugey : « Nous nous battons depuis 20 ans pour que le site nucléaire, situé à Saint-Vulbas, change de nom. Nous avons fait une pause afin de ne pas influencer négativement la décision du gouvernement. Aujourd’hui, c’est le moment d’interpeller la ministre et la nouvelle directrice du site pour relancer le dialogue. Être associé à la centrale nucléaire n’est pas ce que nous souhaitons pour l’image de nos vins. Le décret de reconnaissance de notre appellation est antérieur à sa construction. » Dans cette revendication, les vignerons se sentent soutenus par les élus qui ont approuvé leur démarche.
Carole Muet








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