Le centre de congrès Le Manège, à Chambéry, devenu emblématique grâce à ses quatre palmiers sous verrière, fermera ses portes pour un an de travaux de rénovation énergétique. Un chantier qui fait la part belle aux entreprises locales.
L’ancien manège de cavalerie chambérien datant du XIXe siècle, a été transformé en centre de congrès en 1992, offrant son confort moderne aux Chambériens qui ont pu y suivre les épreuves des Jeux olympiques d’Albertville sur écran géant.
Ce bâtiment emblématique va fermer ses portes après trente-deux ans de service… pour se soumettre à une rénovation énergétique d’un montant de 2 257 393 € HT, rendue nécessaire par la législation.
« Nous allons en profiter pour travailler sur les questions d’usage et de configuration des locaux, en plus de respecter les obligations réglementaires relevant du décret dit tertiaire(1) », explique Jimmy Bâabâa, adjoint au maire de Chambéry, chargé de la transition écologique et de la commande publique.
Lot infructueux pour la verrière
Le chantier doit durer près de quatorze mois, avec un démarrage des travaux en octobre 2024. La programmation du centre de congrès est ainsi suspendue jusqu’à la réouverture prévue en décembre 2025. La coordination des travaux a été confiée à un groupement de maîtrise d’œuvre piloté par Chambre et Vibert Architectes associés, à Chambéry.
Sur les dix lots mis en concurrence, un seul est resté infructueux : celui concernant les joints de la verrière. « Aucune entreprise n’a voulu engager sa responsabilité sur la durabilité du rejointement. La prise de risque est considérée comme trop grande. Nos services sont en train de vérifier si la collectivité peut assumer cette responsabilité afin de libérer les entreprises de cette dimension car, techniquement, il n’y a pas de complexité particulière », précise encore Jimmy Bâabâa.
1 400 m² de superficie
En 1992, le projet de l’architecte Jean-Jacques Morisseau avait défrayé la chronique. Cette structure de verre et d’aluminium enveloppant la façade ne laissait personne indifférent, mais l’implantation des quatre palmiers Phoenix importés d’Espagne faisait débat bien plus encore.
Une fantaisie jugée coûteuse et vouée à l’échec pour certains, quand d’autres applaudissaient le clin d’œil, grandeur nature, à la fontaine des Éléphants, où la statue du général de Boigne trône sur un tronc de palmier au-dessus des quatre pachydermes.
Depuis, la cité ducale s’est réconciliée pleinement avec cette part exotique de son patrimoine. Dès ses premières heures, le centre de congrès Le Manège remplissait son rôle au service du tourisme d’affaires, avec ses 1 400 m² de superficie en plein centre-ville, comprenant un auditorium de près de 350 places, quatre salles de réunion, un relais traiteur et un hall de 730 m² où trônaient les quatre Phoenix catalans, remplacés en 2017 après avoir atteint une taille critique pour la verrière de 18 m de hauteur. Une espèce moins imposante, le Washingtonia robusta, assure la succession.
50 % d’économie d’énergie
Grâce à ces travaux, Le Manège atteindra 50 % d’économie d’énergie. « Pour cela, nous agissons à la fois sur l’enveloppe des bâtiments – les toitures, l’isolation, la ventilation, le double vitrage des fenêtres – mais aussi sur le pilotage des installations. Le bâtiment bénéficiera d’une sorte de table de mixage qui permettra de chauffer pièce par pièce, d’identifier des fuites, des dérapages de consommation, et donc d’intervenir plus vite. C’est ce qu’on appelle l’instrumentation. Et effectivement, cela se paie en termes de technicité(2) », détaille l’adjoint au maire.
Il se félicite des retombées pour l’économie locale : « Tous les lots sont attribués à des candidats régionaux, 22 % hors Savoie (le plus éloigné est à Fontaine, en Isère). Les deux tiers des lots reviennent à des entreprises de l’agglomération chambérienne, pour 1,7 M€ : 74 % du marché vont ruisseler sur le territoire et nous en sommes très heureux. »
(1) Le dispositif éco-efficacité tertiaire (DEET), instauré par le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, vise à réduire l’empreinte énergétique du secteur tertiaire, soit 40 % d’économies d’énergie d’ici 2030.
(2) Le lot chauffage-ventilation-plomberie remporté par la société Axima est le plus coûteux du programme (706 787 €).








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