Face aux dernières évolutions subies par le secteur de la formation, le Centre interinstitutionnel de bilan de compétences s’interroge : comment rester utile et lisible ?
Réuni en assemblée générale le 19 juin, le Centre interinstitutionnel de bilan de compétences Ain Haute-Savoie (CIBC) a accueilli en 2025, 4 000 personnes. Dans l’activité de l’organisme, le bilan de compétences, cœur de métier avec le conseil en évolution professionnelle, pèse encore 40 %. Mais, il s’affiche en baisse de 3 % après plusieurs années de hausse, en lien de récents changements des conditions de financement.
À l’inverse, la validation des acquis par l’expérience (VAE) a progressé de 126 %, après 13 % en 2024 et 229 % en 2023. Une augmentation à mettre au compte, cette fois, avec la création d’une plateforme dédiée à ce dispositif, en 2022. Des évolutions de la sorte, le secteur de la formation en a connu beaucoup ! De la naissance du Droit individuel à la formation (DIF) en 2004, au remplacement des Organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) par les Opérateurs de compétences (Opco) en 2020, en passant par la création du Compte personnel de formation (CPF) en 2014.
Aussi l’AG a-t-elle été prolongée par une table ronde « rester utile et lisible dans un marché de plus en plus contraint », avec Denis Tirel président de l’entreprise Pi Install, Cécile Ollivier, DRH de Pi Install et présidente du centre de formation Efficlasse, Lionel Bac, responsable du département stratégie et action territoriale de la direction régionale de l’OPCO2I (Opérateur de compétences interindustriel), et Sylvain Louis, directeur général de l’agence UGP PME. Leurs échanges ont montré la nécessité de faire converger les projets des salariés et les stratégies des entreprises, quand l’État considère de plus en plus la formation comme étant de leur responsabilité.
« Il est facile, aujourd’hui, de créer des centres de formation, a souligné Lionel Bac. La difficulté est de les ancrer, de les faire durer. » Et Cécile Ollivier de témoigner : « Nous avions construit la stratégie d’Efficlasse en professionnalisant davantage nos parcours. Aussi, la dernière réforme est dure à encaisser. Mais, l’État ne peut pas tout. Il relève aussi de la responsabilité de chaque chef d’entreprise de financer une partie de la formation. » D’autant que celle-ci a des retombées mesurables. « Depuis que nous formons de manière constante, notre compte d’exploitation s’est amélioré. Nous sommes dans un cercle vertueux de qualité et notre productivité s’est améliorée », a assuré Denis Tirel.
Quant au CIBC Ain Haute-Savoie, il répond à l’évolution à la fois des financements et des besoins, en développant de nouvelles prestations. Dans le domaine de la santé mentale et de la prévention, il propose à présent des ateliers “Comprendre et prévenir l’épuisement professionnel” et “Premiers secours en santé mentale”. Et dans l’accompagnement des parcours professionnels, il a lancé des formations “Réussir les entretiens professionnels” et “Préparer sa retraite”.
Sébastien Jacquart












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