Après une activité soutenue en début d’année, l’immobilier en Savoie Mont Blanc marque une pause. Malgré des ventes en hausse, l’accès au crédit se complique, tandis que la pénurie locative et la crise du neuf s’aggravent. Le point avec la Fnaim.
Après un premier semestre 2026 dynamique, le marché immobilier de Savoie Mont Blanc connaît un net ralentissement à partir de mai, sur fond de tensions géopolitiques, de hausse des prix des carburants et de baisse du pouvoir d’achat. Un climat d’incertitude qui incite de nombreux ménages à reporter leurs projets d’achat, tandis que la commercialisation des logements neufs reste en difficulté.
Lors d’un point presse organisé par la Fnaim Savoie Mont Blanc le 8 octobre au chateau de Tresserve, à l’occasion des 80 ans de la Chambre, son président, Sébastien Cartier, a présenté les principaux chiffres : 31 734 logements ont été vendus entre août 2025 et juillet 2026, soit une progression de 4,5 % sur un an. Cette hausse est portée par le dynamisme du dernier semestre et concerne les trois départements : +6,9 % en Savoie, +3,8 % dans l’Ain et +3,6 % en Haute-Savoie.
S’agissant des prix, la tendance est davantage à l’ajustement qu’à la baisse brutale. Sur douze mois glissants, les valeurs reculent de 2 % dans l’Ain et de 0,7 % en Haute-Savoie, alors qu’elles augmentent à la marge de 0,5 % en Savoie. Une évolution que l’on retrouve à l’échelle régionale (-1,3 %) et nationale (-1,4 %).
Des prix très marqués selon les secteurs
Les disparités persistent en fonction des territoires. Toujours d’après la Fnaim Savoie Mont Blanc, le prix de vente moyen des appartements s’élève à 1 968 €/m² dans la Bresse, contre 4 005 € dans le Chablais, 4 203 € dans le bassin d’Aix-les-Bains et 4 783 € dans le bassin annécien. Pour les maisons – qu’elles soient individuelles, mitoyennes ou à rénover -, il faut compter en moyenne 212 412 € à Bourg-en-Bresse, 459 532 € dans le Chablais, 442 830 € autour d’Aix-les-Bains… et 533 512 € à Annecy et alentours. L’ « hégémonie » d’Annecy se confirme une fois encore en volume, avec 2 038 ventes dont 1 869 appartements, très loin devant Chambéry (1 094 dont 989 appartements). Dans l’Ain, Bourg-en-Bresse arrive en cinquième position avec 733 biens vendus (609 appartements).
Accéder à la propriété reste toujours aussi compliqué, a fortiori pour les primo-accédants, pénalisés par les conditions de financement dues notamment à des taux d’emprunt bancaire en augmentation. Certains ménages sont contraints de revoir leurs projets à la baisse, en privilégiant des surfaces plus petites ou en renonçant à une pièce supplémentaire.
Se loger, le parcours du combattant
La location constitue l’autre point noir en Pays de Savoie, qui manque cruellement de biens disponibles. L’offre de logements à l’année se contracte sous l’effet conjugué du retrait des investisseurs privés, de la fin des dispositifs de défiscalisation à l’instar du Pinel, de la sortie progressive des logements énergivores et de la vente de biens auparavant loués et désormais réservés à des fins de résidence principale. Dans le même temps, le manque de visibilité en termes de réglementation freine les investissements privés.
De fait, le marché du neuf, totalement délaissé par les investisseurs, est à l’arrêt, pour ne pas dire à l’agonie.
Après quatre années de crise, « le deuxième trimestre 2026 enregistre le plus faible taux de réservation depuis le début de celle-ci », relève Sébastien Cartier.
Dans un contexte de demande locative en croissance exponentielle et de parcours résidentiel de plus en plus complexe, la relance de l’investissement et de la construction devient un enjeu crucial sur notre territoire, victime de son attractivité et de sa proximité avec la Suisse. A l’échelle nationale, la Fnaim se bat pour qu’une véritable politique logement soit instaurée.
« La crise du logement est devant nous, et en l’absence de logements construits et d’une vision claire, elle va perdurer… », alerte son président Loïc Cantin, pointant « un état complètement autiste dirigé par des non sachants, qui ne connaissent pas le métier ».
Patricia Rey








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