Le marché immobilier en station fait preuve de résilience et reste globalement orienté vers le haut de gamme.
L’immobilier de montagne affiche une belle vitalité, en particulier dans les stations de Savoie Mont Blanc, prisées des clientèles française et internationale en quête d’un pied à terre, « de préférence dans les stations grands domaines et campé sur les pistes », souligne Bérengère Servat, présidente adjointe de la Fnaim Savoie Mont Blanc et référente montagne pour la Savoie. Soutenu par une demande qui reste solide, ce marché continue d’attirer investisseurs, exploitants et acquéreurs soucieux de se constituer un patrimoine et d’en tirer des revenus locatifs.
Côté fréquentation, l’été 2026 s’est révélé plutôt dynamique, malgré des disparités entre les stations et de nombreuses réservations de dernière minute liées à la météo. Pour l’hiver, qui reste un puissant catalyseur, les premiers indicateurs sont favorables.
« À date, le remplissage sur les vacances de février s’annonce particulièrement positif, avec des taux supérieurs à ceux de l’hiver dernier », note la spécialiste.
Autre évolution notable : les vacanciers réservent aussi plus tôt « pour garantir leur séjour et disposer d’un plus grand choix ».
Montée en gamme
En 2026, pas de flambée généralisée des prix mais une progression contenue.
« Elle ne devrait pas dépasser 1 %, même si les valeurs se maintiennent à des niveaux élevés », indiquent Bérengère Servat et Thomas Arneodo, son homologue pour la montagne en Haute-Savoie.
Sur les trois derniers mois, le prix moyen au mètre carré atteint 15 847 € à Val d’Isère, qui reste en tête du classement, 13 278 € à Courchevel (tous villages confondus) et 11 904 € à Méribel… En Haute-Savoie, Chamonix (compter 10 594 €/m2) ravit la première place à Megève (9 410 €/m² contre 10 146 € en 2025).
Le neuf peine parfois à trouver preneur. « Les biens sont difficiles à commercialiser car très chers », relève Bérengère Servat.
À Méribel, certains programmes tutoient les sommets à 30 000 voire 40 000 €/m2. Une partie de la demande se reporte sur l’ancien, dont les valeurs augmentent. Dans la station des Trois vallées, le prix moyen dans l’existant passe ainsi de 10 970 €/m2 en 2025 à 11 904 € en 2026.
La montée en gamme du parc immobilier à la montagne se poursuit, surtout en Haute-Savoie et dans les destinations savoyardes les plus prestigieuses, comme Val d’Isère, Courchevel ou Méribel. Même si les biens de luxe restent l’apanage d’une clientèle fortunée à la recherche d’actifs rares et d’investissements patrimoniaux. La clientèle classique continue, elle, d’investir dans des biens plus accessibles, à rénover ou non. En parallèle, la question du logement à l’année gagne du terrain.
« Beaucoup de projets se profilent mais nous constatons aussi une véritable réflexion des élus en faveur de l’habitat permanent. Dans un marché immobilier touristique nécessaire au développement de la montagne, comment loger habitants et saisonniers ? Cette prise de conscience est de plus en plus prégnante », observe la spécialiste.
Réglementation et rénovation
Source d’incertitude pour les investisseurs et les propriétaires : l’évolution de la réglementation, notamment dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, à l’approche des élections présidentielles. Faute de visibilité, certains hésitent à faire des acquisitions, tandis que des propriétaires envisageraient déjà de vendre, selon plusieurs professionnels.
À ces interrogations s’ajoute la rénovation énergétique. D’après les données publiées, 65 à 80 % du parc immobilier en station seraient classés F et G au DPE.
« Les propriétaires ont beaucoup avancé sur ce sujet, mais il faut du temps, car ce sont des dossiers extrêmement complexes à mettre en œuvre, qui nécessitent une réflexion en amont. Si des travaux sont engagés, nous ne serons jamais prêts pour 2034, comme l’impose la réglementation », assure Bérengère Servat.
Dans ce contexte global, si les perspectives restent favorables pour 2027, le marché devient toutefois plus exigeant : les acquéreurs ne sont plus prêts à acheter à n’importe prix contrairement à auparavant, rareté de l’offre… ou pas.
Patricia Rey








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