Les acteurs locaux s’alarment de la volonté du gouvernement de geler les crédits dédiés aux points de proximité.
« L’État vient d’annoncer que les fonds dédiés au contrat de présence postale pourraient être gelés en 2024 et supprimés en 2025. Sauf que les dépenses pour l’année en cours sont déjà engagées. Il reste 20 000 euros à ce jour et nous sommes dans l’incapacité de boucler notre budget », s’alarme Clotilde Fournier, représentante de l’Association des maires et présidents d’intercommunalités de l’Ain (AMF 01) auprès de la Commission départementale de présence postale territoriale (CDPTT).
Et celle-ci de rappeler : « Le contrat de présence postale a été signé pour trois ans, pour la période 2023-2025. Ce fonds de péréquation national prévoit 174 M€ de financements, issus pour partie des recettes fiscales des communes et d’un abattement fiscal dont La Poste ne bénéficie pas. »
Président de l’AMF 01, Jean-Yves Flochon s’indigne pour sa part : « Une négociation au terme d’un contrat, cela peut s’entendre. Mais là, il est question de supprimer 50 M€ dès cette année, pour des postes censés être déjà financés. Nous sommes en désaccords complets, sur la forme et sur le fond. C’est d’autant plus dommage que le système fonctionnait. Et pour un coût modeste. »
L’engagement du contrat de présence postale – 90 % de la population à moins de 5 km d’un point de contact postal et à moins de 20 minutes en voiture – est en effet respecté dans le département. L’on y compte 58 bureaux de poste, 61 relais dans les commerces et 60 agences communales.
La ruralité touchée
C’est pour ces dernières que le trou budgétaire risque d’être le plus problématique, à la fois pour rémunérer les agents et payer les travaux.
« Nous avons aussi quatre médiateurs sociaux dans les bureaux d’Oyonnax, Ambérieu et Bourg, ainsi que huit France Services portés par La Poste, que nous ne pourrons plus financer », relève par ailleurs Clotilde Fournier qui juge inacceptable cette amputation des crédits.
« Une fois de plus, ce sont la ruralité et les services de proximité qui sont touchés. » Et Jean-Yves Flochon d’abonder : « La fonction postale est importante pour les ménages. C’est notamment un relais pour les minima sociaux et les retraites. Plus qu’un coup de canif dans le contrat, c’est une remise en question totale. »
Le sujet sera évidemment abordé lors de l’assemblée générale de l’AMF 01, le 18 octobre. Nul doute que la réponse de l’État sera alors très attendue.
Sébastien Jacquart








0 commentaires
Trackbacks/Pingbacks