« Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous […]. Vous avez amassé les richesses […]. Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie… »
Cette citation n’est pas issue d’un tract de la CGT ou de La France Insoumise, mais de la Bible, lettre de Saint-Jacques Apôtre, chapitre V, versets 1 à 6. Je l’ai trouvée amusante dans le contexte actuel, tant il est vrai que depuis les législatives, chacun se demande à quelle sauce fiscale il va être mangé.

Et si la nomination de Michel Barnier à Matignon a, dans un premier temps, rassuré le monde économique, la douloureuse arrive. Dans l’attente du débat budgétaire, plusieurs infos sont distillées comme autant de ballons d’essais.
La hausse de la fiscalité frapperait dans l’immédiat, seulement les plus riches des particuliers comme des entreprises. Les ménages qui engrangent plus de 500 000 euros de revenus par an, les sociétés qui enregistrent entre 1 et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus encore, celles qui dépassent les 3 milliards.
Mais que les autres ne s’imaginent pas échapper au vent de rigueur qui s’annonce. Il est déjà question d’abaisser le seuil d’indemnisation des arrêts maladie par la Sécu, de 1,8 (52 euros par jour max) à 1,4 Smic, ce que les mutuelles et les employeurs devront compenser. L’on évoque aussi une diminution du taux de prise en charge des consultations médicales, à 60 % au lieu de 70 %.
Là encore, les complémentaires devront compenser, ce qui devrait faire grimper le montant des cotisations. Le gouvernement envisagerait par ailleurs de relever la Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) en 2025. Une mesure qui se veut indolore dans la mesure où les prix de gros de l’électricité baissent.
Autrement, dans l’Ain, les élus s’indignent que les fonds de présence postale, qui financent entre autres les agences communales, puissent être gelés dès cette année et supprimés l’année prochaine, soit 50 à 80 millions d’euros d’économie (à l’échelon national) sur le dos des collectivités, des services de proximité et de la ruralité.
Enfin, le Premier ministre a évoqué la possibilité de « fusionner des services publics » et de ne pas « remplacer tous les fonctionnaires ». Fonctionnaires dont la Cours des comptes estime qu’ils sont 100 000 de trop, dans les collectivités locales.
À cela, Luc Farré, secrétaire national de l’Unsa en charge de l’action publique, a répondu que « les Français ont voté pour plus de services publics ». C’est bien là que le bât blesse. Nous avons un État surendetté, un taux d’imposition parmi les plus élevés (sinon le plus élevé) des pays de l’OCDE et… des services publics qui fonctionnent de moins en moins bien.
Peut-être devons-nous changer d’approche. Prenons l’hôpital, le nombre de lits s’y réduit, mais ses effectifs n’ont pas diminué, au contraire. Aussi, si nous voulons des services publics à la fois moins chers et plus efficaces, il faut, de manière contre-intuitive, moins de gestionnaires, mais plus d’agents opérationnels. CQFD.
Photo de Hush Naidoo Jade Photography sur Unsplash








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