Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, était en déplacement dans l’Ain jeudi 8 et vendredi 9 janvier avec, cœur de son programme, un échange avec des jeunes se préparant aux métiers industriels.
Accueilli par les formateurs et les neuf élèves actuellement en formation, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a visité, vendredi 9 janvier, les ateliers de l’école de production La Passerelle, à Arbent, et échangé longuement avec les jeunes. « Vous avez déjà du travail avant même d’être embauchés. C’est génial. Un grand bravo. Continuez », leur a-t-il lancé, saluant un modèle pédagogique fondé sur l’action et la production réelle.
Pour Patrick Carret, directeur général de la Fédération Nationale des Écoles de Production (FNEP), cette visite est un signal fort. « La FNEP, c’est 77 écoles, mais ce qui compte, c’est le développement. Entre septembre et décembre 2025, sept écoles ont ouvert, dont trois en Auvergne-Rhône-Alpes (deux dans l’usinage et une dans le bois à Montbrison, dans la Loire). Et imaginez ce que cela représente pour ces jeunes. Un ministre, un préfet, une sous-préfète, un député, une sénatrice… Quelle meilleure façon de leur expliquer la République ? »
Projet né du territoire
Patrice Mayoral, directeur général de l’AFPMA – centre de formation aux métiers de l’industrie – a tenu à rappeler un point essentiel : « Il n’y a pas de compétition entre l’Éducation nationale et les écoles de production. Elles sont complémentaires. » Pour la rentrée à venir, La Passerelle ambitionne l’excellence en ouvrant une nouvelle classe. Entre 12 et 14 jeunes, âgés de 15 à 18 ans, l’intégreront après avoir été sélectionnés.
« Des places sont disponibles, il est important que les familles en soient informées », précise William Rigollet, maître professionnel et chef d’entreprise dans le bassin d’Oyonnax. « Sur les questions de formation, c’est vous, aujourd’hui, qui avez les compétences et qui savez vers quoi il faut aller. Je suis convaincu que le monde de l’entreprise doit être au cœur de ces enjeux. Rien ne pourra réussir sans vous. C’est pourquoi j’appelle à des dispositifs plus hybrides, demain, dans les territoires industriels : des initiatives portées par les élus locaux, avec l’État en soutien, et des catalogues de formations – Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) ou autres opérateurs – permettant d’acquérir de vraies compétences techniques et des diplômes reconnus. Il y a beaucoup à construire », indique le ministre.
Frédéric Jullien, président de l’école, rappelle que La Passerelle est l’aboutissement d’un projet imaginé par Michel Mourlevat, président de Haut-Bugey Agglomération (HBA), et né d’une concertation entre plus de 30 industriels de la Plastics Vallée, soutenu par HBA et la FNEP.
« Personne ne savait ce qu’était une école de production. Aujourd’hui, elle permet de garder les jeunes sur le territoire. Nous sommes une terre d’entrepreneurs et nous avons besoin de relève. Les départs en retraite vont s’accélérer, notamment en usinage et en chaudronnerie. »
La Passerelle porte bien son nom. Elle relie les jeunes à un avenir professionnel concret. Ici, on se forme selon le principe du « faire pour apprendre » en produisant pour de vrais clients, entouré de maîtres d’apprentissage expérimentés. Le ministre a pu constater, dans un environnement à taille humaine, combien cette pédagogie redonne confiance, sens et motivation à des jeunes parfois éloignés du système scolaire classique.
Plus qu’une formation, c’est une expérience de transformation. Les élèves acquièrent des compétences techniques solides et un savoir-être professionnel. Ils peuvent poursuivre vers un emploi qualifié ou un BTS. Ancrée dans le Haut-Bugey, La Passerelle est un projet collectif, nourri par les familles, les entreprises locales et les acteurs du territoire. Une école qui relie, qui élève, qui ouvre.
Carole Muet









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