L’Observatoire statistique transfrontalier vient de publier le portrait du territoire : cantons de Vaud et de Genève, ainsi que les départements de la Haute-Savoie et de l’Ain.
L’Office cantonal de la statistique du canton de Genève et l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes viennent de dresser le portrait du territoire transfrontalier franco-valdo-genevois (TFVG), qui comprend les cantons de Vaud et de Genève ainsi que les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Il regroupe quelque 2,9 millions d’habitants (et 1,5 million d’emplois).

Les 10 points à retenir :
- 2 916 900 habitants début 2024 (53 % France, 47 % Suisse).
- Depuis 1999 : +35 % (+761 400 hab.), croissance surtout portée par les migrations (≈ 2/3).
- Croissance moyenne 1999-2024 : +1,2 %/an, au-dessus des moyennes nationales/régionales.
- Espace transfrontalier genevois : 1 019 860 habitants (2022), +1,1 %/an entre 2016 et 2022.
- 1,51 million d’emplois fin 2023, dont ~60 % en Suisse.
- Dans le Genevois Français, plus d’un actif sur deux travaille en Suisse ; ~105 000 transfrontaliers (2022).
- En 2024, remontée du chômage côté français près de la frontière : Genevois Français 6,3 %, Chablais 6,0 %, Vallée de l’Arve 6,1 %, Annecy 4,8 %.
- En Suisse, chômage 2024 selon l’indicateur : BIT (Genève 10,5 %, Vaud 6,8 %) vs SECO (Genève 4,3 %, Vaud 3,9 %).
- Chômeurs transfrontaliers indemnisés (T4 2024) : 10 520 en Haute-Savoie (~1/4) et 3 100 dans l’Ain (~1/9) ; en 2024 : +6,1 % vs +2,4 % global.
- Logement : 506 200 logements (2022) ; prix élevés et très contrastés (ancien : Genevois Français 3 910 €/m² vs Genève 11 000 CHF/m² ; maisons : ~519 k€ vs ~3,5 M CHF).

Une démographie en hausse
Entre 1999 et 2024, sa population a augmenté de 1,2 % par an. À l’intérieur de ce périmètre, l’espace transfrontalier genevois (ETG, district de Nyon, canton de Genève et zone d’emploi du Genevois français) a enregistré une croissance annuelle moyenne de 1,5 % entre 1999 et 2022.
La hausse la plus marquée est dans la zone d’emploi du Genevois français (ZEGF), avec +2 %. Cette dernière zone concentre par ailleurs le plus grand nombre de ressortissants suisses résidant en France : sur les 25 800 vivant en Auvergne-Rhône-Alpes, 8 sur 10 ont choisi de s’y établir (+1,7 % par an entre 2011 et 2016).

Des nouveaux venus plus jeunes et mieux formés
L’observatoire s’attache ensuite aux nouveaux arrivants : en 2022, leur nombre dans la ZEGF atteint 5 % de la population résidente. Parmi eux, la part de ceux qui proviennent de l’étranger est plus importante dans le canton de Genève (86 %) que dans le Genevois français (34 %). Ils sont aussi plus jeunes que les résidents : dans le Genevois français, 49 % ont entre 20 et 35 ans, ils sont 44 % dans le canton de Genève. Le taux d’emploi de ces nouveaux arrivants est identique à celui des personnes déjà installées, mais avec des niveaux de formation plus élevés.
À noter également que, dans le Genevois français, 58 % des nouveaux venus travaillent en Suisse (47 % d’entre eux proviennent de France, 83 % de l’étranger). Côté emplois, 6 sur 10 sont localisés en Suisse, 4 sur 10 en France (16 % dans l’Ain, 23 % en Haute- Savoie). L’emploi progresse de 3,7 % sur l’ensemble du territoire entre fin 2021 et 2023, avec des variabilités d’un secteur à l’autre : +4,3 % pour le tertiaire marchand, +2,8 % pour l’industrie, +0,4 % dans la construction et -1 % dans l’agriculture.
Les deux instituts ont ensuite zoomé sur les actifs transfrontaliers. Leur concentration est forte dans la zone d’emploi du Genevois français, qui en dénombre 105 300 (soit 53 % des actifs occupés), presque tous travaillant en Suisse. Le taux est moindre dans le Chablais (26 %), dans la vallée de l’Arve (11 %) et dans le bassin annécien (3 %). À noter que 88 % de ceux qui résident dans le Genevois français travaillent dans le canton de Genève. La zone d’emploi d’Annecy a accueilli deux fois plus d’actifs transfrontaliers entre 2011 et 2022 (16 600 en 2022).
En revanche, une hausse importante des chômeurs transfrontaliers est enregistrée au quatrième trimestre 2024 : 10 520 (soit un chômeur sur quatre de Haute- Savoie) perçoivent une allocation de France Travail, . Pour autant, le niveau de vie médian des ménages transfrontaliers du pôle métropolitain du Genevois français s’avère plus de deux fois supérieur à celui des non-frontaliers (42 900 € contre 20 300 €). Dans la communauté d’agglomération du pays de Gex, il atteint 46 800 € (17 600 € pour les non-frontaliers) et 47 900 € (18 500 € pour les autres) dans la communauté de communes du Genevois.


Sylvie Bollard et Groupe Ecomedia, avec l’OST et l’INSEE








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