A l’occasion du deuxième parcours des métiers de la filière forêt-bois qui aura lieu les 28 et 29 mars, zoom sur les branches qui manquent de bras.
Quand un élève entre à l’Ecole technique du bois de Cormaranche-en-Bugey, qui forme aux métiers de la scierie, il a quasiment l’assurance de trouver un poste avant même la fin de sa formation. Partout, les scieries peinent à recruter, victimes d’idées préconçues défavorables. Environnement bruyant, travail dans le froid, charges lourdes… autant de freins qui n’ont pourtant plus toujours forcément cours.
« C’est pour lever ces freins et faire découvrir la réalité de ces métiers que nous organisons le deuxième parcours découverte des métiers de la filière forêt-bois les 28 et 29 mars à Rumilly », explique Julie Morand, chargée de communication au Pôle excellence bois (Peb) des Savoie.
Forte de 4 500 entreprises pour 14 000 emplois, la filière est plutôt bien représentée localement. Sur ces 14 000 postes, 10 000 sont des salariés, les deux tiers des sociétés étant unipersonnelles. Les volontaires manquent cependant à l’appel dans plusieurs secteurs.

« Le métier de menuisier-poseur-agenceur est particulièrement en tension, ainsi que ceux liés à la charpente », constate Emeline Mauduit, cheffe de projet au Peb. Département français comptant le plus d’entreprises de charpente, la Haute-Savoie est particulièrement touchée par cette pénurie de personnel formé, alors que les réglementations poussent au contraire à l’utilisation du bois dans la construction. A la rareté des candidatures s’ajoute désormais une autre difficulté : la connaissance du matériau n’est parfois plus suffisante.
« En menuiserie, en charpente ou en scierie, on cherche des personnes capables de travailler sur des machines à commandes numériques, explique Emeline Mauduit. Les entreprises vivent un peu un choc des cultures, les anciens, qui ont les compétences bois, ne sachant pas toujours se servir de ces outils. » Du coup, de nouveaux profils sont demandés, plus axés sur ces nouvelles technologies. « Les entreprises sont prêtes à former des personnes motivées qui n’auraient pas ou peu de connaissances dans le bois », confirme-t-elle. Prêtes, aussi, à s’engager auprès de publics en insertion, sachant que la plupart des métiers en tension demandent peu de qualification.
Et les salaires dans tout ça ? Très variables d’une société à l’autre et d’un poste à l’autre, ils ont cependant tendance à croître eux aussi. Fin 2021, le salaire moyen de la filière dans nos départements s’élevait à 2 100 euros bruts.
68 % des emplois sont dans la menuiserie, la charpente, et les commerces de gros bois.
300 collégiens attendus
Le Peb attend quelque 300 collégiens dans ses locaux rumilliens les 28 et 29 mars, issus de cinq établissements haut-savoyards et un savoyard. Sur une demi-journée, les adolescents découvriront la réalité de ces métiers en parcourant douze stands où un organisme de formation, un jeune en formation et un professionnel leur expliqueront leur quotidien. Casser les idées reçues, mettre en avant la technologie, faire manipuler outils et matières sont les buts recherchés, afin que des vocations naissent.
Le Peb a également organisé deux ateliers de découverte des métiers en début d’année, à destination de demandeurs d’emploi de Seynod et de Cluses. D’autres sessions pourraient voir le jour.
Image à la une : de nouveaux métiers font leur apparition, liés à l’emploi de machines à commandes numériques. Crédit photo : FLORENT PEDRINI.









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