Le groupe haut-savoyard affiche des résultats en baisse au premier semestre 2020, malgré un début d’année très positif. La distribution, avec la fermeture des magasins physiques à partir de la mi-mars, a été lourdement pénalisée.

Comme attendu, les conséquences de la pandémie de Covid-19 pèsent sur les résultats semestriels du groupe Lafuma. Le chiffre d’affaires consolidé s’élève au 30 juin à 59,6 millions d’euros, en repli de 17 % (soit 12,5 millions d’euros en moins) par rapport au chiffre d’affaires retraité de la sortie de consolidation du pôle surf, et de 31 % (-27,3 millions d’euros) au regard du chiffre d’affaires publié un an plus tôt. La distribution, avec la fermeture des magasins physiques dès la mi-mars jusqu’au 11 mai, a été lourdement affectée, au profit des ventes en ligne en hausse de plus de 100 %.

Incidences contrastées selon les activités

Si l’activité outdoor accuse un net recul en raison de la fermeture forcée des points de vente et du confinement qui s’est accompagné d’une restriction des pratiques, le pôle Mobilier a su profiter de l’effet d’aubaine et de l’intérêt décuplé des consommateurs pour l’aménagement de leurs espaces extérieurs. Dans ce contexte particulier et compliqué, les ventes du pôle Montagne se sont contractées de 34 %. Soit 13,8 millions d’euros (dont 1,2 million pour Eider) de moins par rapport au premier semestre 2019. A contrario, les recettes du pôle Mobilier s’apprécient de 3,5 % à 32,1 millions d’euros.
Le groupe indique que « selon une approche simplifiée du résultat net retraité des effets des faits marquants de l’année, la crise de la Covid-19 a une incidence de l’ordre de 12 millions d’euros sur le chiffre d’affaires et de 5 millions d’euros sur le résultat net sur cette période ». Le résultat opérationnel courant ressort à -2,7 millions d’euros, en baisse de 5,7 millions par rapport à fin juin 2019 (retraitée de la sortie du pôle surf).

Perspectives : des incertitudes demeurent

S’agissant des perspectives, « la numérisation et le commerce électronique joueront un rôle important en combinaison avec un commerce de détail plus fortement orienté vers le service et l’innovation », a déclaré la direction, convaincue que la crise sanitaire a profondément influencé les comportements d’achat des consommateursAu vu de ces tendances, le groupe entend à l’avenir augmenter la désirabilité de ses marques, accélérer la croissance du commerce électronique, innover, se concentrer sur ses clients et sur la durabilité de ses produits mais aussi gagner en visibilité à l’international. Quant à la tenue du second semestre, tout dépendra de l’évolution de la propagation du virus. Si la situation s’améliore, il table sur une récupération partielle du retard sur chiffre d’affaires sur les six derniers mois de l’exercice, après retraitement des chiffres d’affaires d’Eider et d’Oxbow.

Frédéric Ducruet, directeur général de Millet Mountain Group – DR

Pour rappel, la société Millet Mountain Group (MMG), dirigée par Frédéric Ducruet, a cédé, le 28 mai 2020, sa participation Oxbow SAS à la société Rainbow SAS pour un euro symbolique, dégageant une perte de 5 millions. Parallèlement, Lafuma SAS a pris une participation minoritaire de 18,6 % (0,8 million) au capital de Rainbow et a souscrit à un contrat d’obligations non convertibles de 2,2 millions d’euros d’une durée de six ans. Plus tôt dans l’année, le 21 janvier, MMG vendait ses droits de propriété intellectuelle de la marque Eider au coréen K2. Le montant de l’opération s’est élevé à 10 millions d’euros.
À la lecture du rapport d’activité, on apprend que le conseil d’administration de Lafuma Group a pris la décision d’arrêter, le 30 juin dernier, l’activité du pôle Montagne en Chine, sous sa forme actuelle, et de liquider sa filiale Millet Outdoor Products Nanjing.
Lafuma est la propriété du groupe suisse Calida, qui détient 93,5 % du capital depuis le 23 janvier 2020.

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Par Patricia Rey

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Photo Une ©Millet Mountain Group

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