Mobilité : le tramway à l’approche d’Annecy

par | 12 Mar 2021

Une étude valide la pertinence d’un tramway en cœur d’agglomération annécienne. Les élus se prononceront en juin. Coût global du plan de transport : 550 millions d’euros.

C’est Jean-Luc Rigaut qui l’avait commandée, début 2019. C’est Frédérique Lardet, sa successeure à la présidence du Grand Annecy, qui en a présenté les résultats, vendredi 5 mars. L’étude pré-opérationnelle sur le tramway dans l’agglomération a rendu une première conclusion claire et nette : oui, « Annecy est dans le domaine de pertinence du tramway », assurent les cabinets Systra (spécialiste des transports) et Gautier+Conquet (architectes-urbanistes), cosignataires du document.

L’agglomération enregistre chaque jour 590 000 déplacements internes, dont près des trois quarts sont internes à la commune nouvelle d’Annecy (53 %) ou en lien avec elle (20 %). Logiquement, c’est donc sur Annecy et ses environs immédiats qu’un tramway aurait le plus de sens. Les deux cabinets ont étudié douze tracés au total, tous ayant comme point de départ le centre d’Annecy. Trois vers Seynod, trois aussi vers Pringy, et deux (à chaque fois) vers la rive ouest du lac, Épagny (ou Poisy) et Les Glaisins (Annecy-le-Vieux).

Pour chaque tracé, ils ont listé la population, les emplois et les grands équipements éducatifs, sportifs, culturels ou administratifs desservis. Les coûts au kilomètre qu’ils ont estimés sont très proches pour tous les tracés : environ 16 millions d’euros (M€) pour l’estimation basse et près de 27 M€ pour la fourchette haute.

Seynod en pôle position

Ils ont ensuite établi des critères de classement en fonction de l’efficacité de la desserte, mais aussi des difficultés techniques (emprises disponibles, ouvrages d’art nécessaires…). Bilan, tous critères confondus : Seynod arrive en tête devant Les Glaisins et Pringy ; la rive ouest et Épagny/Poisy sont distancés. L’étude présente alors « une combinaison possible de branches » : Pringy-Seynod, pour 190 M€ en estimation moyenne, et Épagny-Glaisins (200 M€).

Dans cette « réflexion » sur le « réseau structurant », la rive ouest du lac se voit dotée d’un bus à haut niveau de service (BHNS) plutôt que d’un tramway. Ce que prévoyait d’ailleurs le projet de tunnel sous le Semnoz, abandonné par le nouvel exécutif de l’agglomération (Cf. Éco n°50 du 11 décembre dernier). Mais cette fois, l’étude va jusqu’à envisager un site propre intégral, pour 105 M€ jusqu’à Duingt (43 M€ en site propre partiel). L

es élus du Grand Annecy vont être appelés à statuer sur ce dossier en juin. D’ici là, l’exécutif de l’agglomération va aller à la rencontre des élus locaux mais aussi des associations et du grand public (via les moyens numériques tant que la situation sanitaire l’impose) pour présenter le projet et recueillir avis et remarques. Parallèlement, deux études complémentaires, dont les résultats sont attendus pour fin avril, ont été demandées : l’une sur le volet financier (coûts plus affinés, participants, montage…), l’autre sur les impacts environnementaux.

« La première branche du réseau doit permettre la diminution la plus forte possible des émissions de gaz à effet de serre (GES), donc le report modal le plus important », insiste Frédérique Lardet. Le Grand Annecy veut en effet réduire de moitié ses GES d’ici dix ans.

Dans le contrat de plan ?

En incluant les deux lignes de tram, le BHNS de la rive ouest mais aussi le développement du réseau de bus ou encore les parkings relais et les pistes cyclables, ce sont plus de 550 millions d’euros d’investissement que le Grand Annecy pourrait initier en juin, soit plus de 25 M€ par an pendant vingt ans.

Prévoyante, l’agglomération s’est déjà tournée vers les possibles cofinanceurs. Elle espère faire inscrire 200 M€ dans le contrat de plan État-Région 2021- 2027, en cours de négociation. Dans le meilleur des cas, la première ligne de tram pourrait être achevée mi-2026.

Conseil d’État

Jean-Luc Rigaut, ex-maire d’Annecy et ex-président du Grand Annecy, a saisi le Conseil d’État pour contester les résultats du scrutin municipal de 2020. En matière électorale, la haute juridiction a six mois maximum pour statuer, mais elle le fait généralement entre trois et six mois. Sa décision pourrait donc tomber avant le vote du Grand Annecy sur le tramway et, en cas d’annulation de l’élection, bouleverser le calendrier, voire mettre le projet sur une voie de garage


Par Éric Renevier


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