La start-up vaudoise Composite Recycling lancée en juillet 2021 a non seulement innové pour concevoir un process de recyclage, mais agit également pour structurer la chaîne de valeur avec des partenaires solides et fiables.
C’est lors du JEC World 2025 à Paris (Salon international des composites), que l’annonce d’une alliance décisive entre Composite Recycling (huit collaborateurs, chiffre d’affaires non significatif) et cinq partenaires majeurs a lancé une stratégie opérationnelle autour de la filière de recyclage des composites. «
La technologie n’est qu’un maillon de la chaîne », estime Guillaume Perben, l’un des fondateurs avec Pascal Gallo, pointant l’intérêt de réunir tous les acteurs de la chaîne de valeur. Sachant que la difficulté est de qualifier un procédé par composite : composé de fibre de verre (la majorité) ou de carbone et divers types de résine, chacun se base sur des formulations spécifiques.
Innover par passion
Passionnés de nautisme, les fondateurs de la start-up voulaient trouver une solution de fin de vie pour les bateaux. Grâce à Pascal Gallo, physicien et entrepreneur, une collaboration avec le laboratoire composite de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne a été lancée. Une unité pilote pour traiter thermiquement deux tonnes par jour a été déployée en 2025, et l’entreprise est en phase d’industrialisation, pour laquelle Smaranda Jaun a été nommée comme nouvelle directrice générale.

La réglementation commence à se durcir fortement. »
Guillaume Perben
« La réglementation commence à se durcir fortement », observe Guillaume Perben qui cite le cas de l’Autriche qui interdit l’enfouissement et l’incinération des composites, mais doit les stocker dans des hangars. L’interdiction est une chose, mais encore faut-il qu’il existe une autre solution pour ces déchets.
« Les chutes de production sont inhérentes aux processus de fabrication, explique-t-il. Jusqu’à 30 % pour le nautisme, 5 % pour une éolienne. » Et en fin d’utilisation, ce sont autant d’équipements qui se retrouvent au rebut avec aucune solution.
« En 20 ans, la taille des pales des éoliennes a été multipliée par quatre, et les nouvelles générations de véhicules électriques ou à hydrogène utilisent toujours plus de composites, complète-t-il, ces matériaux font partie intégrante de la transition écologique, il leur faut une solution. »
Alliance vertueuse
Le but de cette alliance qui inclut en bout de chaîne le groupe Beneteau pour la construction de voiliers, pionnier de l’utilisation de la fibre de verre à grande échelle à la place du bois pour construire des bateaux, est de structurer une filière de recyclage opérationnelle. Véolia est également de la partie pour gérer les déchets. L’huile résultant du recyclage de la résine est ensuite acheminée chez Arkema pour en produire à nouveau.
La fibre recyclée part chez l’entreprise américaine Owens Corning, qui a une usine pilote près d’Avignon capable de refondre le verre sous forme de fil en s’appuyant sur l’énergie hydroélectrique du Rhône. Une démarche vertueuse qui fait écho aux valeurs de la start-up vaudoise puisque la production de verre nécessite une énergie considérable avec des températures à 1200 degrés.
Enfin le groupe Chomarat, spécialiste des textiles techniques en Ardèche, tisse cette fibre pour la fournir à Beneteau. Ainsi, la boucle est bouclée pour une filière dont la maturité industrielle est en cours de développement.
Sandra Molloy
Photos : © Composite Recycling
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Hiver 2025-2026, disponible gratuitement au format liseuse en ligne.









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