La soirée “Top 500 – Trophées Éco” a permis de valoriser des pépites (parfois méconnues !) de l’économie locale. Et d’apporter des éléments de réflexion sur les bouleversements en cours.
« En fait, ce que vous mettez en valeur, là, ce soir c’est… le génie humain ! » Le commentaire de Jean-Pierre Coureau, actionnaire d’Industrie des poudres sphériques à Annemasse (IPS), a bien sûr fait sourire la salle sur la forme. Mais l’a surtout fait acquiescer sur le fond. Car cette première soirée “Top 500 – Trophées Éco”, organisée par ECO Savoie Mont Blanc et le Crédit agricole des Savoie (CADS) a effectivement permis de mettre sur le devant de la scène la richesse et l’impressionnante capacité d’adaptation de l’économie des Pays de Savoie.
Faire face aux crises
Cette soirée accompagnait la sortie du Top 500 des entreprises de Savoie Mont Blanc, que les abonnés d’Éco ont pu découvrir dès la semaine dernière. Une édition 2022 qui a notamment permis de constater que le chiffre d’affaires global de ces 500 plus grandes entreprises du territoire était encore en hausse. Malgré la crise. Ou plutôt malgré LES crises, qui s’enchaînent et se cumulent.
Si bien que l’intitulé de la table ronde constituant la première partie de la soirée était on ne peut mieux approprié : « Crises : de véritables opportunités pour changer de modèle ». Enfin, à condition de l’interpréter au sens large : « On peut tirer les conséquences d’une crise ou, encore mieux, anticiper. Mais sinon, non, la crise n’est pas une opportunité de changement : quand c’est la crise, on gère la crise ! Et ce n’est alors pas le moment de changer de modèle », a ainsi estimé, en introduction, Henri Marchetta, fondateur du groupe Mecalac (Annecy ; plus de 1 000 salariés ; 270 M€ de chiffre d’affaires 2021 et ainsi 24e du Top 500) et parrain de cette soirée.
Faire face à l’urgence immédiate est effectivement rarement compatible avec s’engager dans des changements de fond. Néanmoins, tous les intervenants de la table ronde se sont accordés pour reconnaître que les bouleversements récents (technologiques, géopolitiques, climatiques…) constituaient des accélérateurs de prise de conscience – notamment sur les enjeux environnementaux – et que, dans ce cadre, ils poussaient les entreprises à revoir leurs modèles économiques, stratégiques et organisationnels.
Problématiques complémentaires
Six dirigeants d’entreprise avaient été conviés pour partager leur approche et leur expérience. Ils ont apporté à un public attentif un flot de réflexions et de témoignages. Du cabinet de géomètres-experts d’une trentaine de personnes, confronté à la numérisation des activités (Philippe Carrier, également président de la CCI 74) au grand groupe de l’industrie touristique face au changement climatique (Compagnie des Alpes, près d’un milliard de CA avec 4 300 salariés), en passant par les PME et ETI de l’industrie (Pfeiffer Vacuum France, pompes à vides, près de 1 000 salariés ; Mecalac) ou du service (Alpes Contrôles, bureau de contrôle, près de 800 personnes), les profils comme les problématiques étaient multiples et complémentaires.
Avec son costume de premier financeur de l’économie du territoire (près de 50 % de part de marché), le Crédit agricole des Savoie a également pu apporter une vision transverse. La banque verte (14e au Top 500 ; 492 M€ de produit net bancaire ; 2 500 salariés) s’applique à accompagner les entreprises dans leurs transitions. Quitte à les bousculer un peu. « Quand nous avons commencé à mettre en place, il y a quelques années, des indicateurs environnementaux et sociaux dans l’évaluation des projets à financer, certains nous ont dit : “Mais de quoi vous mêlez-vous ? Regardez juste la viabilité économique…” », a expliqué François Larochette de Roeck, en charge du marché “entreprises”. « Mais maintenant, nous n’entendons plus du tout cela. Au contraire, il y a une demande d’accompagnement. »
Par leur violence et leur ampleur, les crises récentes (covid, guerre en Ukraine, sécheresse et tempêtes…) ont véritablement influé sur la prise de conscience. Impossible de continuer comme avant. Inquiétant… mais pas que. Au “jeu” de l’adaptation et des défis à relever, les Pays de Savoie ne sont pas les moins bien lotis, loin s’en faut, et l’ont maintes fois prouvé. « “Quand on met un Savoyard dans une pente, il monte” a dit Louis Armand, le “Savoyard du XXe siècle” », a rappelé René Nantua, président du directoire d’Éco Savoie Mont Blanc en hommage à l’esprit d’entreprise qui irrigue le territoire.
Retrouvez le détail de la liste des lauréats (cinq trophées au total) dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 16 décembre 2022 >>

Éric Renevier








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