Depuis sa création, le Courrier, devenu l’Éco, a accompagné les grands événements structurants du département.
Créé en 1987 sur les cendres du quotidien Le Courrier de Bourg-en-Bresse et des pays de l’Ain (lire l’histoire du journal ci-dessous), votre hebdomadaire a fait plus que de traverser trois décennies de vie économique départementale. Il a véritablement accompagné le territoire dans la structuration des atouts qui font la force de son économie, aujourd’hui.
Le Courrier Économie naît à un moment charnière. Il paraît notamment, l’année de la mise en service définitive de l’autoroute A42. L’A40, elle, est en cours de construction. Le premier tronçon, voisin de Bourg-en-Bresse, a été inauguré en 1985. Le dernier, de Sylans à Châtillon-en-Michaille — la fameuse « Autoroute des Titans » — le sera en 1989. Entre deux, François Mitterrand était venu inaugurer le tronçon Bourg-en-Bressse/Sylans, le 8 décembre 1986. Suivront le tronçon Dôle/Bourg-en-Bresse de l’A39, mis en service en 1998, ou encore l’A404, pour la desserte autoroutière d’Oyonnax.
Pôles d’innovation
C’est encore à la fin des années 1980 que se préfigurent les futurs pôles d’innovation du département. L’étude de faisabilité d’une éventuelle plateforme technologique agroalimentaire est commandée en 1989, donnant naissance à Alimentec trois ans plus tard. Le site est en effet inauguré le 15 octobre 1992. Quant au Pôle européen de plasturgie (PEP) — qui a pris une envergure nationale l’année dernière, en devenant le centre technique industriel IPC (Innovation plasturgie et composites) —, sa première pierre est posée le 12 juillet 1990 pour une inauguration le 18 septembre 1993, en présence du Premier ministre de l’époque, Édouard Balladur.
La volonté de la Plastics Vallée de développer un centre technique s’accompagne d’un projet universitaire. Ainsi, l’Insa s’installe à Oyonnax en 1992. La même année, l’IUT A de l’université Claude Bernard Lyon I s’implante à Bourg-en-Bresse, répondant au souhait du président du conseil général qui, en 1987, s’était fâché pour qu’aboutisse la décentralisation de l’université dans l’Ain.
Paris ne s’est pas fait en un jour… Le département non plus. Et le Courrier Économie, devenu à présent l’Éco de l’Ain, a continué à suivre au jour le jour — ou plutôt, à la semaine la semaine — la structuration du territoire. Toujours au chapitre des infrastructures, le TGV Mâcon-Bourg-Genève, longtemps souhaité, aura été lent à se concrétiser, se frayant un chemin le long de la ligne des Carpates. Annoncé en 2005 à Bellegarde, avec la visite du ministre des Transports d’alors, Dominique Perben, mis en service en 2010, il aura finalement créé autant de déceptions que d’espoirs. L’objectif premier était en effet de mettre Genève à moins de trois heures de Paris, ce qui limite les possibilités de dessertes locales. Aussi, de Culoz à Izernore, les élus ne cessent de revendiquer de nouveaux arrêts.
Infrastructures
Plus que des mécontentements, le déploiement du très haut débit dans l’Ain, lui, susciterait plutôt des impatiences. En véritable pionnier, le Syndicat intercommunal d’énergie et de e-communication (SIEA) s’est lancé dans l’aventure dès 2009 sur le pays de Gex, zone pilote. À l’époque, il espérait couvrir l’intégralité des communes du département dès 2015. C’était sans compter sur l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le Gouvernement et la volonté d’Orange de déployer la fibre optique sur 17 communes, Oyonnax, l’agglomération de Bourg-en-Bresse et Saint-Laurent-sur-Saône. Un contentieux allait naître qui a fait perdre beaucoup de temps. De plus, à mesure qu’avançait le projet, les normes ont évolué, imposant des adaptations. Aujourd’hui, toutes les tensions sont apaisées, mais l’Ain ne sera entièrement fibré qu’en 2021. Il n’empêche que le département conserve une avance confortable, se classant au deuxième rang national pour le nombre de prises éligibles (76 000) et au premier rang en nombre d’abonnés (27 000), avec 198 communes ouvertes sur les 393 du réseau d’initiative publique.
Sur le plan universitaire, après deux ans et 11,4 millions d’euros de travaux, le transfert du Centre d’études universitaires de Bourg et de l’Ain (aujourd’hui Campus de Bourg-en-Bresse de l’université Lyon III Jean-Moulin) sur le site de la Charité a pu être inauguré vendredi 7 octobre 2011. L’année 2016, elle, a été marquée par l’ouverture, à Ambérieu-en-Bugey, d’une formation passerelle vers les métiers d’ingénieur avec l’Ecam. L’Ecam qui a également ouvert une section au sein de la MFR du bois à Cormaranche-en-Bugey.
Puisqu’il est question du bois, notons la structuration de la filière. Depuis 2009, celle-ci en est à son troisième livre blanc, doté de 3 M€ sur la période 2017-2019. Et elle devrait voir arriver prochainement, le pôle Xylofutur. La filière piscicole a emprunté la même voie à partir de 2014. Le territoire n’a pas donc pas fini de grandir économiquement et l’Éco de l’Ain, nous l’espérons, de l’accompagner.
Du Courrier à l’Éco de l’Ain
Le journal a connu de nombreuses évolutions, en 30 ans.

Les différentes évolutions du journal, en 30 ans
Quand Jean-Jacques et Dominique Coltice reprennent, à la barre du tribunal, la direction du titre qui appartient toujours à la famille, c’est la deuxième fois que le Courrier de Bourg-en-Bresse et des pays de l’Ain est contraint de se placer en redressement judiciaire. Un premier dépôt de bilan était déjà intervenu quatre ans plus tôt, en 1983, avant que l’homme d’affaires parisien Michel Burton ne rachète le journal et tente de le développer, avec des éditions Oyonnaxienne et Ambaroise, des gratuits, un journal du dimanche…
Les deux frères ont fait leur deuil du quotidien. Pour la survie du titre, ils décident de ne conserver que le supplément économique et d’en faire un hebdo. Ainsi nait le 26 mars 1987, le Courrier Expansion, qui deviendra le Courrier Économie quelques années plus tard, après une plainte du groupe L’Expansion. Celui-ci porte déjà la marque qui le caractérise aujourd’hui : un outil au service des entreprises, avec ses articles d’actualité, ses portraits de sociétés, ses annonces légales, etc.
Le titre connaîtra divers changements au cours des décennies. En 2006, Jean-Jacques quitte le navire pour une retraite bien méritée. En 2008, le Courrier abandonne le papier journal pour devenir un magazine couleur. La crise sévit alors et ce changement permet au titre de maintenir ses ventes.
C’est au tour de Dominique de faire valoir ses droits à la retraite, le 1er juillet 2014. Son neveu Stéphane, qui assumait déjà une partie des missions de Jean-Jacques, lui succède à la tête du titre. Pour financer la reprise, celui-ci s’adosse à la Sopreda, éditeur d’Éco Savoie Mont Blanc. Une synergie se met en place entre l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie qui permet au journal de monter en puissance.
Cette collaboration — qui deviendra intégration — se concrétisera par un changement de titre. Le 4 juin 2015, le Courrier Économie devient l’Éco de l’Ain et présente une maquette à la fois plus dense, en longueur de textes et rubriques, et plus aérée, en termes de mise en page.
Par Sébastien Jacquart











0 commentaires