Combler au mieux les fissures du paysage urbain de briquettes en plastique, l’initiative du sculpteur franco-allemand Jan Vormann a fait des émules sur le bassin burgien.
Du Centre psychothérapique de l’Ain aux écoles, en passant par le campus, la Tannerie ou encore l’hôtel Marron de Meillonnas, l’initiative du sculpteur franco-allemand Jan Vormann a fait des émules sur le bassin burgien qui, avec une petite vingtaine de réalisations référencées à la mi-juillet sur le site Dispatchwork.info, ferait jeu égal avec Paris. L’idée de l’artiste : combler au mieux les façades fissurées, murets incomplets, poteaux troués, etc., en récupérant des briquettes en plastique. La Ville s’en est emparée, dans le sillage de l’exposition Ma région en brique, visible au monastère royal de Brou jusqu’au 26 septembre, en lançant en janvier dernier, l’opération #ColorezBourg. « J’aime travailler des objets ludiques pour les questions qu’ils posent. Les bulles, par exemple, étaient déjà utilisées dans l’art baroque pour illustrer la fragilité. Le dé évoque la chance, alors qu’il relève davantage des probabilités. Aussi, j’avais réalisé un dé qui ne tombe jamais et une bulle qui n’éclate jamais », a expliqué Jan Vormann, en visite à Bourg-en-Bresse du 15 au 19 juillet, ce qui fut l’occasion de nouvelles réalisations collectives dans les quartiers de la cité ou encore à H2M, avec l’association So Brick. « Décorer la ville avec des briques en plastique, c’est un détournement, une réappropriation de l’espace urbain au même titre que le graffiti, que j’aime aussi, mais sans le côté vandale. »
Le projet s’inscrit en quelque sorte dans une démarche écologique et durable. « Quand les enfants quittent la maison, les jeux de construction, parce qu’ils sont chers, restent dans les placards ou les greniers. C’est une ressource perdue, en plastique, qui est une matière emblématique de notre époque et que je préfère collecter localement. Réparer les murs avec cet objet contemporain suit en plus les règles de la restauration : la réversibilité et la visibilité de l’apport. Enfin, le caractère collectif du projet impose un certain lâcher-prise. Il faut accepter de ne pas avoir le contrôle et renoncer à exiger des droits d’auteur sur les créations réalisées aux quatre coins du monde », a relevé l’artiste qui s’est avoué impressionné par la participation burgienne.
Ma région en briques
Jusqu’au 26 septembre au monastère royal de Brou, sans oublier la possibilité d’arpenter la ville pour découvrir les différentes réalisations.
Sébastien Jacquart








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