Rostaing témoigne de l’intérêt de remettre à plat et en cohérence, ses différents systèmes informatiques.
Limiter la redondance de saisie dans plusieurs outils, dématérialiser les activités à faible valeur ajoutée, adopter un modèle d’organisation plus agile constituent autant de raisons de cartographier et de revoir son système d’information. Mais, c’est un travail de longue haleine, comme en a témoigné dernièrement le fabricant de gants de protection Rostaing, lors d’un atelier organisé par la CCI de l’Ain. « Nous avions développé des outils en fonction des besoins des différents services. CRM, site web, site de e-commerce, CAO, Excel, Access, PIM, MES, logiciels de gestion comptable et gestion RH… nous avons de nombreux flux pas toujours cohérents et pas toujours adaptés, beaucoup de doubles, de triples saisies, des ruptures d’information, des exports et réimports de données, des licences nombreuses à payer, des problèmes de maintenance… » a raconté Charly Brunel, directeur général de l’entreprise qui emploie 400 personnes dans le monde, dont 50 au siège à Villieu-Loyes-Mollon, pour un chiffre d’affaires d’environ 24 M€. Et ce manque de cohérence a un coût. « Notre site de e-commerce représente un volume d’affaires de 150 000 euros. Si nous voulions doubler ce chiffre, faute d’un outil interfacé avec le système de gestion de l’entreprise, il nous faudrait embaucher une dizaine de personnes pour préparer, saisir les commandes et suivre la distribution », a-t-il cité comme exemple.
L’entreprise a donc décidé de surseoir à toute intégration de nouveaux outils numériques et de lancer un audit. S’engage alors un processus de 18 mois. « Lors du diagnostic, conduit auprès de 75 % du personnel, beaucoup d’avis négatifs sont remontés sur notre système d’information. Cela nous a confortés dans l’idée qu’il fallait bouger rapidement. Et cette phase a permis de préparer tout le monde, d’anticiper le changement. » La bascule de l’ancienne organisation à la nouvelle, avec l’intégration d’un ERP, est prévue pour décembre 2022.
Améliorations multiples
L’opération vise plusieurs objectifs. « Aujourd’hui, nous maîtrisons mal nos délais. On aimerait donner accès à nos clients, à une information instantanée, semblable à celle qui est offerte à un particulier, lors d’une commande sur internet, a relevé le directeur général. Nous souhaitons parfaire également, le suivi des clients distributeurs et des utilisateurs finaux, faire le lien entre la négociation en centrale et la mise en linéaire, et améliorer le suivi du cycle de vie des produits. » Enfin, Rostaing voudrait augmenter ses ventes en ligne pour leur faire atteindre 4 M€ de CA en 2025.
Un accompagnement financier
Cette transformation représente un investissement de 500 000 euros sur trois ans. L’accompagnement de l’expert audit systèmes d’information, un budget de 32 000 euros, a été pris en charge à hauteur de 50 %, dans le cadre d’un cofinancement “Industrie du futur” État-Région, porté par trois structures, Auvergne Rhône-Alpes Entreprises pour la partie organisationnelle, ENE pour la partie numérique, l’Aract pour la partie RH. Une aide dont le plafond est fixé à 16 000 euros par projet. Mais elle n’est pas ciblée que sur la partie pilotage numérique. Elle peut concerner aussi la conception et l’organisation de la production, l’intégration d’outils de simulation de type jumeau numérique, la fabrication additive, la robotique, les automatismes, le Lean management, la simulation de flux pour la création d’un nouveau site ou une extension de bâtiment…
Sébastien Jacquart








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