Le centre industriel a inauguré, jeudi 23 septembre, sa première ligne de test de recyclabilité des plastiques souples.
« On peut prendre l’exemple du PET, utilisé pour les bouteilles de lait, il a l’inconvénient d’être blanc. S’il se retrouve dans une filière de bouteilles transparentes, il va polluer les lots et peut rendre le flux existant inutilisable, déplore Luc Uytterhaeghe, directeur général du centre IPC (Centre technique industriel de la plasturgie et des composites). C’est ce que nous voulons vérifier. » Le 23 septembre, le centre technique, implanté à Bellignat, inaugurait sa première ligne de test de la recyclabilité des emballages plastiques souples. « Celle-ci va nous permettre de comprendre ce qu’il se passe et l’influence d’un nouvel emballage sur les flux existants. Elle va également nous servir à plancher sur des optimisations de manière à recycler plus de matériaux. » L’outil, unique en Europe, est accessible à toute entreprise désireuse de tester la recyclabilité de son matériau. Une bonne nouvelle pour les entreprises de la plasturgie qui peuvent désormais tester leur découverte à échelle réduite. « Cette ligne est ouverte au Cotrep (Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques, NDLR) pour un certain nombre d’essais, mais elle est aussi accessible aux industriels. S’ils viennent nous voir avec leurs produits, on réalise un devis et on vérifie le comportement de leurs matières avec du plastique déjà existant. Le test ne nécessite que 25 kg de matière », explique Jaime Rodrigues, responsable service développement matériaux chez IPC. « Nous observons une vraie dynamique par rapport au recyclage. Celle-ci a démarré il y a quelques années avec la mise en place des lois et des décrets 3R, commente Luc Uytterhaeghe. Nous avons beaucoup de questionnements de la part des industriels et IPC va mettre en place les solutions susceptibles de permettre au plastique d’être utilisé correctement et d’être recyclé. »
Le recyclage, plus que du greenwashing ?
Si des actions avaient déjà été entreprises auparavant, le directeur d’IPC constate, depuis 2019, une véritable accélération sur le recyclage. Pour lui, l’objectif de 100 % de plastique recyclé est atteignable, mais pas avec une solution unique. « Nous aurons besoin de combiner différentes méthodes comme les recyclages mécaniques et chimiques. Il n’y aura pas d’autres solutions pour résoudre le problème de manière intégrale. »
« IPC, c’est surtout une mission »
« IPC est un centre technique industriel, dédié à la plasturgie et aux composites. Dans sa forme actuelle, le lieu est né il y a cinq ans et est sous la tutelle de la DGE (Direction générale des entreprises). Le centre contribue autant que possible à la mise en place de la politique industrielle nationale. IPC, c’est surtout une mission, qui consiste en l’amélioration de la compétitivité de l’industrie, explique Luc Uytterhaeghe, directeur général du centre. Toutes les actions menées ici sont vues à travers ce prisme. Pour ce faire, nous utilisons le levier de l’innovation et un outil de mise à disposition de moyens technologiques. »
Joséphine Jossermoz








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