Gérard Gauthier aménage deux parcelles, entre Plateau d’Hauteville et Haut-Valromey.
« Voir les forêts dépérir, ça m’a fait quelque chose. J’ai acheté des bois, ce qui m’a permis de rencontrer un gestionnaire forestier privé, Nicolas Dezecache, avec qui j’ai monté un premier projet, avant d’acquérir une nouvelle parcelle. Ici, l’ancien propriétaire avait fait une coupe rase. Et aujourd’hui, nous recherchons à recréer une belle forêt », explique Gérard Gauthier. Lancé fin 2019, le projet en est à la phase de reboisement, sur un peu plus de 15 ha, entre le plateau d’Hauteville et le Haut-Valromey.
Compensation carbone
Jusqu’à la fin 2019, l’homme était à la tête de l’Entreprise Gauthier à Dagneux, un spécialiste de l’assainissement collectif et individuel, du nettoyage industriel et de la collecte de déchets dangereux, qui compte des antennes à Bourg, Ambérieu, Bellignat et Villefranche. Il a alors cédé la place à son fils Laurent, lequel représente la quatrième génération à la tête de cette structure familiale d’une vingtaine de personnes, pour un chiffre d’affaires de 2,40 M€. « Cette opération, c’est non seulement un moyen de reboiser des paysages aindinois, mais également de compenser les émissions de carbone de notre entreprise, relève Gérard Gauthier. Nous sommes d’ailleurs très certainement au-delà, même si nous n’avons pas quantifié la chose. Ce n’est pas que l’environnement soit spécialement notre dada, mais nous y sommes attachés. La parcelle de notre entreprise est d’ailleurs l’une des seules, en zone d’activité, à être boisée. Fin 2008, nous avons monté notre propre station d’épuration, pour traiter les effluents que nous pompons chez nos clients. Pour cela, nous avons monté un dossier ICPE, ce qui n’a pas été une mince affaire. »

Après une étape de préparation des sols, les plantations ont commencé autour du 11 novembre. Une période idéale : « À la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine », affirme le dicton populaire. « Des jalons ont été placés pour repérer les plans dans la végétation et un traitement Trico, répulsif pour le gibier, à base de graisse de mouton a été appliqué. Il faut renouveler ce dernier, une à deux fois par an, raison pour laquelle nous ne sommes pas allés au-delà de 15 ha, précise Gérard Gauthier. Nous réaliserons sans doute une prochaine opération dans les années à venir. » Pour celle-ci, en tout cas, tous les intervenants sont aindinois.
Le choix des essences

« Du chêne rouvre, quand même quelques sapins parce qu’ils sont emblématiques du territoire, du cèdre de l’Atlas, qui est de plus en plus cultivé sur le secteur en réponse au réchauffement climatique car elle est déjà habituée à d’importants écarts de température, énumère Gérard Gauthier quant aux essences implantées sur ses parcelles. Nous mettons du mélèze, également. Lui aussi est de plus en plus utilisé sur le département. Et puis, il faut du feuillu pour compenser l’acidification des sols provoquée par les résineux et pour créer une couche d’humus. Alors, nous introduisons de l’érable sicomore, ainsi que du tilleul, pour la biodiversité, cette fois. »
Sébastien Jacquart








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