Pour soutenir le secteur médico-social, le Conseil départemental souhaite lancer une nouvelle plateforme numérique.
« L’attractivité des métiers du médico-social relève des enjeux essentiels de notre territoire. La situation devient de plus en plus dramatique dans certains établissements qui ne trouvent plus de ressources humaines pour faire face à la prise en charge de leurs résidents ou de leurs patients », a justifié Jean Deguerry, président du Département, lors de la session du 12 décembre.
Face aux difficultés importantes rencontrées par le secteur, quel que soit le champ d’action, le Département de l’Ain a décidé, en mars 2022, de lancer une démarche partenariale dans l’objectif d’élaborer un plan d’actions pour en valoriser les métiers. Après plusieurs mois de réflexion, les conseillers départementaux ont finalement adopté la mise en place d’une plateforme pour promouvoir les métiers de l’accompagnement du social et médico-social, en faciliter l’accès et favoriser le maintien dans l’emploi.
Plus qu’une interface
La plateforme devrait regrouper tous les acteurs aindinois du recrutement, de l’orientation, de la formation, ainsi que les employeurs de l’accompagnement social et médico-social. Plus qu’une simple interface, elle rassemblera des fiches métiers, des offres d’emploi, une CVthèque, mais également des actions de communication et des interventions auprès du grand public et des jeunes pour la promotion des métiers. Une méthode qui ne convainc toutefois pas l’opposition.
« Créer une plateforme ne nous paraît pas suffire. La communication à des vertus, mais elle ne peut tout régler. Il faut travailler sur les questions de rémunération », s’inquiète Mireille Louis, conseillère départementale du canton de Vonnas et secrétaire de la commission des affaires sociales et de la démographie médicale, du logement et de l’habitat.
Pour Martine Tabouret, vice-présidente déléguée à la démographie médicale et à l’autonomie, ramener cette plateforme à une simple opération de communication est un peu réducteur. Quant à la question des salaires : « Le département finance des voitures pour les aides à domicile. La valorisation des métiers n’est pas seulement une question de rémunération, qui ne relève d’ailleurs pas de notre compétence. Cela vaut le coût d’essayer. » Et le président du département, Jean Deguerry, d’ajouter : « Nous avons fait de ce sujet une priorité, laissez au moins au projet la chance d’exister. »
La création de la plateforme devrait coûter 200 000 € par an, sous réserve de cofinancements attendus à hauteur de 50 %. En ce cas, elle devrait être mise en service dans l’année.
Valoriser les assistants familiaux
Toujours dans sa compétence sociale, le Département s’inquiète aussi de la protection de l’enfance. En effet, entre 2017 et le début de l’année 2022, le nombre d’assistants familiaux a diminué de 308 à 287 (-6,8 %) tandis que, dans le même temps, le nombre d’enfants qui leur étaient confiés a augmenté de plus de 5 %, passant de 569 à 598, soit 2,08 enfants par assistant contre 1,84 auparavant.
Et cette situation devrait s’aggraver avec le départ à la retraite de nombre d’entre eux. Pour y faire face, le Conseil départemental a adopté, le 12 décembre, un plan d’action de 1,90 M€ pour améliorer les conditions d’exercice de l’assistant familial. Le programme s’articule autour de quatre axes portant sur la dotation d’outils nécessaires au métier, mais également sur une meilleure prise en charge RH, ainsi qu’un accompagnement renforcé. Enfin, un plan de communication pour promouvoir le métier devrait être mis en place.
Joséphine Jossermoz









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