La PME de Saint-Jorioz est à la recherche de partenaires pour poursuivre son développement.
« Dans quelques années, le vélo-cargo va devenir incontournable. » Guillaume Delanoë, dirigeant-créateur de l’entreprise Eco-triporteur, à Saint-Jorioz (74), veut croire en la montée en puissance future de ce moyen de locomotion. Un « tricycle » électrique qui peut en effet représenter une solution alternative à la voiture dans bien des domaines : livraisons, ramassage de déchets en ville, voirie, transport de personnes à mobilité réduite et/ou d’enfants, street-marketing, etc.
« Demain, la cyclologistique en aura grandement besoin, poursuit-il, avec la congestion des villes, les problèmes de pollution, les zones à faibles émissions… Le triporteur, c’est presque davantage une voiture qu’un vélo. » Aujourd’hui cependant, la société qu’il a fondée en 2008 se voit confrontée à un problème de taille et à une stagnation, voire une baisse du marché.

Après des années post-covid très porteuses (+ 50 % de chiffre d’affaires en 2021, + 20 % en 2022 à 1,4 M€), la demande ralentit alors que l’offre, en parallèle, s’est démultipliée, en provenance notamment de gros acteurs du marché. « Eco-triporteur se trouve à la croisée des chemins. Nous devons passer à l’échelle supérieure car demain, seuls les gros subsisteront sur le marché. »
Levée de fonds
L’entrepreneur a donc décidé d’ouvrir son capital (qu’il détient à 100 %), pour, entre autres, financer le développement de nouveaux produits, comme un châssis permettant de faciliter la conduite des engins. Depuis un an, une société d’ingénierie travaille avec Eco-triporteur sur ce projet.
«L’idéal serait de lever 1 million d’euros dès que possible », détaille-t-il. De quoi, selon lui, repenser également la commercialisation de ses vélos cargos, embaucher un directeur commercial, faire des salons, etc. Et redonner de l’élan à cette société qui fut précurseur dans son domaine.
Eco-triporteur fabrique environ 300 vélos cargos triporteurs électriques par an qu’elle vend en majorité à des particuliers, soit par le biais de son site de vente en ligne (25 % des ventes), soit dans un de ses quatre magasins (Paris, Lyon, Bordeaux et Saint-Jorioz).
Le local saint-jorien, d’environ 500 mètres carrés au total, est le seul à disposer de suffisamment d’espace pour l’assemblage des cycles et pour proposer de la location de vélos en tout genre (10 % du CA). Quatre personnes, dont le fondateur, y travaillent, trois autres œuvrant dans les différentes boutiques. « Nous avons imaginé nous-mêmes les produits destinés aux professionnels, et tous sont conformes aux normes européennes », indique-t-il. Reste à faire mieux connaître ces triporteurs plébiscités dans des pays comme le Danemark ou les Pays-Bas. « Ce qui manque actuellement, estime Guillaume Delanoë, c’est d’en voir beaucoup dans les rues pour donner envie aux gens. »
Les nouvelles aides de l’Etat, annoncées pour la fin de l’été, portant sur l’achat de vélos, pourront peut-être débloquer la situation. Guillaume Delanoë espère en tout cas un retour de la demande à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024 où ses triporteurs pourraient faire un carton pour des visites écolos de la capitale.
Meilleur cargo 2023
Un des vélos de la marque Delano (Eco-triporteur), a été élu meilleur cargo triporteur de l’année 2023 dans le cadre du Cargo bike festival. Trente cycles étaient en compétition.











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