Les Chantiers valoristes, qui accompagnent vers un emploi durable des personnes qui en sont éloignées, réorganisent la recyclerie de La Ravoire et en ouvrent une autre sur les Hauts de Chambéry.
En 2023, la recyclerie de L’Embarcadère, à La Ravoire, près de Chambéry, a traité 41 tonnes de produits et en a revendu 55 000 objets. Portée par l’association Les Chantiers valoristes, qui œuvre au retour vers l’emploi durable de personnes qui en sont éloignées, elle compte doper son activité grâce à un nouvel agencement de l’espace de vente facilitant la circulation.
Des rayons inédits sont aussi proposés, comme la mode, la puériculture ou encore le sport. Provenant des déchetteries de Grand Chambéry et Grand Lac, ainsi que de dons de particuliers ou de professionnels, ces articles sont remis en état avant d’être proposés à petit prix.
Des prestations comme l’aérogommage sont par ailleurs proposées aux personnes qui souhaitent donner une nouvelle vie à un meuble.
« Nous nous positionnons comme un lieu de vie, avec l’organisation régulière d’ateliers sur différents thèmes (vélo, zéro déchets, réparation d’électroménager, foire aux plantes, recyclage créatif pour les enfants…) qui nous permettent de fédérer une communauté, attachée aux valeurs de l’économie circulaire et du réemploi », explique Marc de Buttet, son directeur.
130 tonnes vendues chaque année
Ouverte en 2019, la recyclerie de La Ravoire est venue compléter celle en activité depuis 2008 à Drumettaz-Clarafond. Une troisième – la première à voir le jour dans un quartier prioritaire de la ville en Auvergne-Rhône-Alpes – vient de suivre, en 2023, au centre commercial des Combes, sur les Hauts de Chambéry.
Ces magasins de seconde main de 500 à 600 m² revendent chaque année 130 tonnes d’objets au total. Ils sont notamment alimentés par deux ateliers de réparation dédiés l’un au gros électroménager, l’autre aux vélos. Et par un site spécialisé dans les jeux et jouets déployé par l’association à La Cassine. « Nous développons d’autres activités de réparation et démantèlement pour le compte de collectivités ou d’industriels, avec en particulier la remise en état de palettes », complète Marc de Buttet.
Cette diversité permet d’étoffer la panoplie des métiers (vente, logistique, merchandising, valorisation, mercatique…) à la disposition des personnes accompagnées par Les Chantiers valoristes vers un travail stable, avec un taux de retour à l’emploi de 78 %.
1 010 : ce sont les tonnes de déchets traitées chaque année par Les Chantiers valoristes. L’association, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,8 M€, emploie 13 permanents et accompagne, chaque année, 72 personnes dans la réalisation d’un projet professionnel.
Un accompagnement social
Créée en 2005 dans le bassin chambérien, l’association Les Chantiers valoristes affiche une double vocation : remettre des hommes (53 %) et des femmes (47 %) sur le chemin du travail, tout en favorisant le réemploi des objets ou matériaux. Sur chacun de ses sites, des encadrants techniques se chargent de l’opérationnel.
L’accompagnement social vise, lui, à lever les freins (langue, logement, mobilité, santé…) auxquels se heurtent les salariés, qui s’inscrivent dans un projet professionnel. D’une durée maximale de deux ans, ce projet comprend des formations et des stages en immersion dans un réseau d’entreprises partenaires, durant lesquels l’association maintient la rémunération. L’objectif de l’immersion est d’expérimenter, pour le confirmer, un souhait d’évolution professionnelle.
Sophie Boutrelle
Crédit photo : Les Chantiers valoristes








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