La Haut-Savoyarde Claire Schmitter est la première femme à avoir été élue présidente du Syndicat national des accompagnateurs en montagne. Rencontre.
Depuis quand exercez-vous la profession d’accompagnatrice en moyenne montagne (AMM) ?
Je suis diplômée depuis 15 ans. Auparavant j’ai été professeur d’histoire-géographie dans le secondaire pendant dix ans, en Alsace et à Paris notamment.
Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné, vous avez lâché l’enseignement ?
Je n’en pouvais plus d’être constamment enfermée entre quatre murs ! J’ai toujours aimé marcher, être dehors et ai toujours baigné dans une culture montagne… J’avais commencé un troisième cycle pour enseigner en université mais ai dû l’interrompre faute de financements de recherche. C’est à ce moment-là que j’ai découvert ce métier que je ne connaissais pas du tout. Devenir AMM est devenu une évidence pour moi.
Exercez-vous une autre activité en parallèle ?
Non, c’est mon activité principale toute l’année. J’accompagne des randonnées et des treks en été et des sorties en raquettes en hiver. Mes clients sont aussi bien des groupes constitués que des individuels et je travaille également avec les scolaires.
Dès 2016, vous avez commencé à vous investir au sein du Syndicat national des accompagnateurs en montagne (SNAM), pour quelles raisons ?
Par goût de l’engagement. La première année, j’ai occupé le poste de secrétaire de la section haut-savoyarde.Quand la présidente s’est retirée, il m’a paru naturel que je lui succède.
En 2022, vous êtes devenue la première femme présidente du SNAM. Le métier est-il toujours majoritairement masculin ?
Nous ne représentons effectivement que 25 % des effectifs. Devenir présidente était l’occasion de montrer que ce métier est aussi une affaire de femmes.
Quels sont les rôles du syndicat ?
Nous représentons et défendons les intérêts de nos quelque 2 600 adhérents, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis quelques années. Le SNAM a d’abord une grosse activité d’assurance des professionnels au travers de toutes les activités qu’ils exercent, y compris les voyages et les treks qu’il peut « porter » pour eux, par les services de l’AEMVoyages. Nous disposons aussi d’un centre de formation, le CFAM, à notre siège chambérien, où nous commençons à proposer, pour la première fois, des modules spécifiques de préformation à l’examen probatoire pour l’entrée en formation au diplôme d’Etat d’accompagnateur en moyenne montagne.
Qui sont, justement, ces candidats au probatoire ?

Il y a beaucoup de reconversions et de jeunes depuis la crise du covid, dont certains ne sont pas assez préparés en amont. La profession attire de plus en plus. Du coup, dès 2024, les prérequis au probatoire seront plus exigeants afin de voir entrer en formation des candidats plus expérimentés.
Quels autres dossiers vous mobilisent-ils plus particulièrement en ce moment ?
Nous sommes particulièrement vigilants à la question de la concurrence déloyale exercée par certains, au grand jour et sans aucun diplôme. De plus en plus d’hébergeurs proposent, sur des sites grand public, d’accompagner leurs clients en balade. D’autre part, nous travaillons à définir le milieu montagnard comme étant un environnement spécifique toute l’année, ce qui n’est pas le cas à ce jour. Seul le milieu enneigé l’est, ce qui pose le problème d’une concurrence accrue pendant la période estivale. Les accompagnateurs en montagne ont suivi une formation de trois ans et doivent se recycler tous les six ans. Nos connaissances en matière de sécurité en milieu montagnard sont bien supérieures et d’autant plus indispensables avec les effets du réchauffement climatique. Ce dernier induit par exemple plus de risques d’éboulis, d’incendie et a un gros impact sur la biodiversité. En tant qu’accompagnateurs en montagne, nous sommes aux premières loges pour observer ces transformations et être en capacité à nous y adapter.








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