À Jongieux, la vigne est une affaire de famille chez Barlet. Rencontre avec les deux générations de vignerons indépendants.
Derrière le comptoir du caveau de la Cave du Prieuré, à Jongieux, Pascal Barlet choisit méticuleusement les vins qu’il va faire déguster aux deux couples de retraités qui sont venus s’approvisionner. Ils goûtent, recrachent, valident. S’ils ne sont visiblement pas tombés par hasard sur le caveau de la famille Barlet, c’est peut-être grâce aux 67 prix qu’elle a glanés au concours général agricole depuis 1978. Une constance qui lui a valu le prix d’excellence 2024 du même concours, remis aux vignerons par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau en début d’année.

« C’est une vraie fierté pour nous », commente le plus jeune des quatre associés, Simon Barlet. Le prix d’excellence récompense en effet les exploitations agricoles, dans quelque domaine qu’elles soient, qui se sont distinguées les années précédentes au concours général agricole.
« Cette année, poursuit-il, 37 entreprises ont reçu ce prix en France. » Pour le jeune homme de 29 ans, installé (en 2020) avec son cousin Julien, son père Pascal et son oncle Noël, cette reconnaissance est le fruit d’une longue maturation faite de travail acharné et de constantes remises en question.
« Nous travaillons à deux générations, explique-t-il, ce qui n’est pas toujours simple. Mais nous avons su fixer une règle entre nous, qui est l’écoute. On sait aussi où on veut aller, quels produits on veut faire et comment on veut les faire. »
Si la génération d’avant a appris le métier sur le tas, avec son père Raymond, Simon et Julien ont quant à eux fait des études spécifiques. Diplômé d’ingénierie en viticulture et œnologie, Simon est ensuite parti faire ses armes en Australie et en Nouvelle Zélande. « Les jeunes apportent des techniques nouvelles. Cela nous dynamise et nous challenge », confirme Pascal. Résultat : l’entreprise viticole a beaucoup grandi et s’est largement diversifiée.
Avec ses 30 hectares de vignes disséminées sur 105 parcelles dans les communes de Jongieux, Billième et Lucey, la Cave du Prieuré produit environ 200 000 bouteilles par an, soit environ 1 800 hectolitres pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros. Elle emploie 10 équivalents temps plein lissés sur l’année.
« Nous ne voulons plus grandir car bientôt, nous ne serons plus que deux pour mener l’exploitation », détaille Simon. Noël est déjà à la retraite et Pascal le sera bientôt. Plutôt que d’acquérir de nouvelles terres, les quatre associés restructurent les existantes en replantant celles qui sont moins bonnes. Car l’idée est de continuer à proposer pas moins de 15 vins différents avec six cépages (jacquère, chardonnay, altesse, gamay, pinot et mondeuse).

« Notre gamme s’est étoffée au fil de notre développement. Pour avoir plus de clients, il fallait davantage de diversité dans les styles de vins. » Une variété qui plaît y compris à l’étranger où la Cave du Prieuré réalise 5 % de ses ventes. Pour le reste, 30 % sont écoulées via la vente directe au caveau ou sur les salons et 65 % auprès des cafés-hôtels-restaurants des Alpes du Nord.

Quand le gel mord les ceps
Du 19 au 25 avril, plusieurs épisodes de gel ont impacté les vignes de Savoie, de Haute-Savoie et de l’Ain. Si les dégâts sont très hétérogènes d’un secteur à l’autre et d’une parcelle à l’autre, certains viticulteurs ont été particulièrement touchés dans le vignoble de Marignan (Chablais) et dans celui de Cerdon (Bugey, Ain) où quasiment 100% des bourgeons ont été grillés. En Combe de Savoie et aux Portes de Savoie, les bas de coteaux ont davantage souffert.









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